26 juin 2012

Critique ciné : Men In Black 3

En 1997, Barry Sonnenfeld ("La Famille Addams", "Les Valeurs De La Famille Addams") surprenait tout le monde avec une comédie très réussie et inspirée d'une des plus célèbres légendes urbaines du monde de l'ufologie : "Men In Black". Pour être précis, l'histoire était directement inspirée d'un comic-book du même nom, publié entre 1990 et 1997 et dont les droits appartenaient à diverses compagnies dont Marvel. L'une des plus grandes réussites du métrage tenait dans le potentiel comique (inattendu) de l'acteur Tommy Lee Jones (dans le rôle de K) associé au déluré (mais pas encore tête d'affiche systématique) Will Smith (dans le rôle de J). Le film jouait habilement avec beaucoup de codes de la science-fiction, ce qui lui assura un succès mérité auprès du public spécialisé et du grand public.

En 2002, Barry Sonnenfeld tente de réitérer son exploit avec "Men In Black II" et le même duo star (avec toutefois une inversion notable puisque Will Smith est désormais la vedette), le film ne propose en revanche rien de bien nouveau en terme d'univers délirant et se contente de gags éculés et d'un scénario sans grande ampleur.

On n'entendra ensuite plus beaucoup parler des Men In Black, ce qui peut peut-être s'expliquer par le fait que Barry Sonnenfeld ne se voit plus confier de films à gros budget suite aux échecs critiques consécutifs de "Wild Wild West" en 1999 et justement "Men In Black II" en 2002, même si ces films avaient fini par être légèrement rentables au bout du compte.

L'annonce d'un 3ème épisode en 2010 fut donc une relative surprise, et toujours avec Barry Sonnenfeld aux commandes ! Mais malgré un tournage chaotique et mouvementé, le film finit donc par voir le jour en mai 2012, toujours avec son duo star mais aussi une pléiade de nouveaux acteur et l'ajout du concept de voyage temporel histoire de secouer tout ça ! En espérant que ça en vaille la peine...


L'histoire : suite à l'évasion de Boris, l'un des plus dangereux criminels de l'univers, le présent se retrouve modifié puisque le mythique agent K y est mort depuis une quarantaine d'années. J, son partenaire depuis 15 ans, décide alors de remonter le temps lui aussi jusqu'en 1969 afin d'éliminer Boris et sauver son partenaire ainsi que la planète Terre...

Si la plus grande réussite de la saga "Men In Black" est sans conteste la dynamique du duo formé par les agents J (Will Smith) et K (Tommy Lee Jones), encore fallait-il trouver un moyen de renouveler le concept sans tomber dans la facilité ou les erreurs du second film qui se contentait d'inverser les rôles pour un résultat bien moins efficace. Comme on commence à bien connaître le numéro de l'agent J, c'est du côté de K que ce changement devait se faire. Et la bonne recette semble avoir été trouvée dans "Men In Black 3" puisque Tommy Lee Jones n'y est finalement pas si présent. Entendons nous bien : il est toujours aussi bon en vieil agent grincheux (son doubleur pour la VF a changé, c'est bien dommage même si la plupart des gens ne noteront pas la différence) mais il est indéniable qu'il a pris un sacré coup de vieux ! Du coup cette histoire de voyage dans le temps permet à Josh Brolin ("Les Goonies", "Planète Terreur", "Jonah Hex", "True Grit") d'incarner un jeune agent K totalement convaincant aussi bien au niveau du personnage lui-même que de l'époque à laquelle il évolue, et ce durant la plus grande partie du film. La redistribution des rôles est du coup bien plus intéressante puisque les agents ont des méthodes différentes (liées à leurs époques d'origine) et doivent apprendre à travailler ensemble avec les outils à leur disposition dans les années 60 (magnifiquement retranscrites visuellement parlant, aussi bien en ce qui concerne le monde réel que le côté science-fiction).


Vu les péripéties du tournage de "Men In Black 3", on pouvait craindre le pire du côté du scénario concocté par Etan Cohen (qui est également l'auteur de quelques vieux épisodes de "Beavis & Butt-Head" ainsi que des sympathiques films "Idiocracy" et "Tonnerre Sous Les Tropiques"). Heureusement, le résultat est à la hauteur malgré quelques raccourcis et une légère baisse de régime dans la seconde moitié du métrage. Le plus gros du côté comique est évidemment fourni par Will Smith mais le film ne repose pas que sur ça et ce troisième épisode est d'ailleurs de loin le moins farfelu de la série (les pitreries à outrance ayant déjà été proposées dans le second volet, avec un résultat pas forcément glorieux). Le fait que ce film soit un peu plus sérieux ne signifie pas pour autant qu'il est chiant, et il propose même de beaux moments d'émotion en fin de métrage, un aspect jusqu'ici inédit dans cette saga !

On a déjà évoqué le jeu de Will Smith (très bon, surtout quand il n'en fait pas des tonnes comme ici), Tommy Lee Jones et Josh Brolin. Mais "Men In Black 3" propose quelques nouveaux protagonistes comme l'agent O (Emma Thompson dans le présent, qui avait déjà été à l'affiche avec Will Smith en faisant une apparition dans "Je Suis Une Légende", puis Alice Eve dans le passé, une jolie blonde bientôt à l'affiche de "Star Trek 2") qui remplace l'agent Z à la tête du MIB (en tout cas dans le présent). On notera aussi une apparition de Nicole Scherzinger des Pussycat Dolls en tout début de film, une série de scènes qui ne permet pas vraiment de juger des capacités de jeu de la belle mais qui en revanche ne laissera aucun spectateur masculin indifférent ! Enfin, on retiendra aussi un nouveau personnage extrêmement sympathique nommé Griffin (interprété par Michael Stulbarg, déjà vu dans le rôle principal de la comédie noire "A Serious Man", ainsi que dans un petit rôle dans "Hugo Cabret") dont les capacités extra-sensorielles s'avèrent très intéressantes ! On ne retiendra en revanche pas grand-chose de Boris (Jemaine Clement, le chanteur/musicien du groupe Flight Of The Conchords), le méchant bourré de prothèses et de maquillage, efficace et parfois impressionnant, mais aussi et surtout très caricatural !



"Men In Black 3" est plutôt une bonne surprise et s'avère être une belle réussite visuelle avec un scénario qui comporte certes quelques petits trous et maladresses mais qui est suffisant pour passer un bon moment. La réalisation de Barry Sonnenfeld est riche en plans très étudiés qui offrent des points de vue et des mouvement de caméras parfois originaux, et surtout quelques scènes vertigineuses absolument superbes. Le tandem des agents J et K fonctionne toujours aussi bien et a été renouvelé avec brio grâce cette histoire de voyage dans le temps. Il est toutefois dommage que la place des noirs dans la société des années 60 n'ait pas été davantage utilisée dans le scénario (même si ce n'est pas la vocation de la saga de s'engager sur ce type de terrain). Le métrage surprend toutefois en proposant un aspect émotionnel qu'on ne lui suspectait pas et s'avère très réussi même en atténuant (un peu) son côté loufoque. Bref, un film extrêmement sympathique qui prolonge la saga de belle manière ! On ignore en revanche si un 4ème film verra le jour...

PS : Une fois n'est pas coutume, j'ai énormément apprécié la 3D ! Mais je commence à me demander si ça n'est pas lié à la technologie utilisée par la salle de projection, à savoir le procédé Dolby que je testais ici pour la première fois...

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