25 janvier 2012

Mon festival de Gérardmer 2012

En ce mercredi 25 janvier 2012 débute le 19ème Festival International du Film Fantastique de Gérardmer avec notamment "Twixt", le nouveau Francis Ford Coppola, diffusé lors de la cérémonie d'ouverture.


Et cette année j'ai pour la première fois la possibilité d'être sur place durant les 5 jours du festival ! Je vais donc pouvoir me gaver de films sanguinolents, dégueulasses ou flippants, et avec un peu de chance je pourrai même voir un peu de science-fiction !



J'éditerai cet article à plusieurs reprises durant la durée du festival (du 25/01 au 29/01/2012) afin d'essayer de vous raconter ce que je trafique là-bas, mais vous trouverez aussi des critiques et des comptes-rendus rédigés par mes soins sur le site CINEHEROES (les liens seront postés ici à mesure de leur publication), donc n'hésitez-pas à aller y faire un tour également.

Vous pouvez également me suivre sur Twitter pour des anecdotes, des bêtises, des impressions et des remarques en temps réel...



Jour 1 (mercredi 25 janvier 2012)

La journée a été courte (cérémonie d'ouverture + projection du nouveau Coppola) mais vous pouvez tout de même retrouver ici mon compte-rendu de la journée, et ma critique de "Twixt", l'histoire de fantômes un peu déroutante (voire décevante) concoctée par Francis Ford Coppola.

Jour 2 (jeudi 26 janvier 2012)

On attaque la journée avec "Beast", un film danois en compétition présenté comme un film de monstre. C'est vrai, mais il faut le prendre dans le sens métaphorique du terme car il s'agit avant tout d'un drame passionnel qui tire peut-être un peu trop en longueur... en tout cas les avis étaient n'étaient pas vraiment positifs à la sortie de la salle et il semble mal parti pour obtenir le prix du public à l'issue du festival (cliquez ici pour la critique complète).

Le petit tour à la galerie d'arts plastiques du côté des artistes confirmés laisse une impression assez marquante : certaines des peintures sombres, torturées et monstrueuses sont réellement frappantes. Un détour à ne pas manquer !

L'après-midi commence avec "The Day", un thriller post-apocalyptique dont la thématique n'est pas sans rappeler l'une des précédentes réalisations du même réalisateur (Douglas Aarniokoski) : "Resident Evil : Extinction" (en plus intéressant). Quelques surprises sont au rendez-vous malgré un relatif manque d'originalité lorsque l'action prend le dessus. Un film correct...

On enchaine rapidement avec "The Awakening" ("La Maison Des Ombres" en VF), une histoire de fantômes anglais dans une école de jeunes garçons en 1921. Un scénario habile, des acteurs très convaincants et des décors très soignés pour ce premier film destiné au cinéma du réalisateur Nick Murphy. Les frissons sont au rendez et on tient là l'un des premiers favoris du palmarès (cliquez ici pour la critique complète).

Hommage à l'acteur Ron Perlman (célèbre pour son interprétation de "Hellboy"). Jean-Jacques Annaud (qui l'a dirigé dans "La Guerre Du Feu", "Le Nom De La Rose" et "Stalingrad") ainsi que Jean-Pierre Jeunet (qui l'a fait tourner dans "La Cité Des Enfants Perdus" et "Alien, La Résurrection") sont sur scène pour raconter quelques sympathiques anecdotes de tournage. Après une courte rétrospective vidéo de sa filmographie, Ron Perlman monte sur scène et fait preuve d'une grande humilité avant que ne lui soit remis un trophée pour l'ensemble de sa carrière.

La projection de "Pastorela" arrive rapidement et on retrouve dans cette comédie sanglante mexicaine tout l'humour et le côté religieusement incorrect qui avaient fait le succès du film espagnol "Le Jour De La Bête" de Alex de la Iglesia qui avait justement reçu le grand prix à Gérardmer en 1996. Malgré quelques problèmes de rythme, le film a gagné la sympathie du public qui en a profité pour se détendre et rire un bon coup. Est-ce que ce sera suffisant pour obtenir le prix du public ?

On termine la journée avec "The Incident" (hors-compétition, section extrême), le premier film du français Alexandre Courtès (qui a déjà réalisé des clips pour les White Stripes ou U2). Quoi de mieux qu'un asile de fous dangereux où de jeunes cuisiniers se retrouvent piégés avec les internés pour justifier un déchaînement de violence où les limites de la raison n'existent plus ? Essai transformé pour ce film tourné en langue anglaise auquel il manque peut-être juste un soupçon de sentiment d'oppression...

Jour 3 (vendredi 27 janvier 2012)

Début de journée en douceur (si on peut dire ça comme ça) avec l'essai de la démo du jeu "The Darkness II" qui sort le 10 février 2012 sur PS3 et X-Box 360 et PC. Il s'agit d'un FPS très orienté action qui ravira les amateurs d'hémoglobine puisqu'elle coule à flots à mesure que l'on mitraille, empale ou démembre les nombreux ennemis qui nous barrent la route à l'aide de l'entité démoniaque que le personnage que l'on incarne porte sur le dos. Très bourrin, mais pas vraiment destiné aux amateurs de finesse ou de trouille vidéoludique.

Le documentaire "Corman's World – Exploits Of A Hollywood Rebel" consacré à la carrière de Roger Corman vient ensuite. Ce réalisateur spécialisé dans les séries B et très productifs dans les années 50 à 70 (et toujours en activité aujourd'hui) a eu une influence décisive dans le cinéma de genre et il a lancé des acteurs et des réalisateurs très célèbres qui lui rendent hommage dans ce film comme par exemple Jack Nicholson, Peter Fonda, William Shatner, David Carradine, Martin Scorsese, Ron Howard ou encore Joe Dante. Un très bon complément au documentaire "American Grindhouse" projeté l'année dernière dans ce même festival. Un incontournable pour les amateur de l'histoire du cinéma de genre !

Après une petite visite à la galerie d'arts plastiques version "jeunes talents", on enchaine avec "Norwegian Ninja", une curiosité norvégienne hors compétition. Prenant pour point de départ l'arrestation en 1984 du diplomate Arne Treholt pour espionnage au profit de l'Union Soviétique (fait réel), le film nous explique qu'en fait il était à la tête de la Force Ninja, un commando d'élite luttant contre des terroristes pro-américains. Si on rit au début à cause des situations rocambolesques que l'on nous propose, on finit par s'ennuyer ferme en attendant que ce film ridicule en tous points se termine. Plusieurs dizaines de personnes ont quitté la salle pendant la projection... (cliquez ici pour la critique complète)

On enchaine rapidement avec la projection de "Eva", un film franco-espagnol en compétition traitant de robotique et d'intelligence artificielle, présenté par son réalisateur Kike Maillo en personne. Il s'agit sans doute de l'un des films ayant le plus gros budget car de nombreux robots en images de synthèse sont présents dans ce film qui pourrait presque se dérouler à notre époque s'ils n'étaient pas présents. Daniel Brühl (vu dans "Good Bye, Lenin !" et "Inglorious Basterds") y interprète le rôle d'un chercheur en robotique à la recherche d'un modèle pour développer un enfant-robot très avancé qui fait la rencontre d'une étonnante jeune fille nommée Eva. Le côté humain de l'histoire prend rapidement le pas sur l'aspect science-fiction et un flot d'émotion finit par se dégager de ce métrage qui pourrait bien être l'un des favoris du palmarès (cliquez ici pour la critique complète).

Jour 4 (samedi 28 janvier 2012)

La journée débute avec "The Cat", une histoire de fantômes (avec des chats) d'origine sud-coréenne et en compétition. Si le film est plutôt correct en terme d'ambiance, on note toutefois des longueurs et pas mal de clichés du genre. On voit bien venir la majorité des événements et les amateurs de ce type de cinéma (révélé avec le fameux « Ring » en 1998) n'y trouveront pas la moindre surprise. Ceux qui ne connaissent pas ces films pourront éventuellement y trouver leur compte... (cliquez ici pour la critique complète)

On continue avec "The Moth Diaries", une production en compétition qui nous vient du Canada (en co-production avec l'Irlande). On retourne dans une école où il se passe des choses étranges mais il s'agit cette fois de jeunes adolescentes, de leurs histoires de jalousie et d'accidents inexpliqués (qui ne sont d'ailleurs bizarrement pas visibles dans le film). On se demande où tout cela nous mène, et malgré la présence de Scott Speedman (le fameux Michael Corvin des deux premiers films "Underworld"), le jeu inquiétant de Lily Cole (vue dans "L'Imaginarium Du Docteur Parnassus") et de nombreux points communs avec le plus célèbre roman de Bram Stoker, il faut bien avouer que tout ça ne mène nulle part ! Une conclusion décevante pour un film pourtant très réussi dans sa forme.

On enchaine rapidement avec "Chronicle" (hors-compétiton), un film qui fait le buzz sur nternet depuis quelques mois. Prenant la forme d'un docu-menteur (genre filmé au camescope par les protagonistes eux-même), on y découvre un trio d'amis soudainement doté de pouvoirs télékinésiques. Chaque scène est un prétexte à de nouvelles expérimentations (qui sont nombreuses dans l'imagination de ces adolescents) et le concept va plus loin que ce que montrait la bande-annonce. Un concept bien exploité qui va crescendo tout au long du film, avec un rythme soutenu parsemé de rires, de découvertes, mais aussi d'action et de drames. L'attente en valait la peine ! L'un des meilleurs films de cette sélection 2012 ! (cliquez ici pour la critique complète)

Pour finir la journée, on revient à quelque-chose de bien plus calme avec "Perfect Sense", un film qui utilise le prétexte de l'épidémie pour raconter une histoire passionnément humaine et portée avec brio par les deux acteurs Ewan McGregor ("Trainspotting", "Star Wars", "The Island") et la délicieusement belle Eva Green ("Casino Royale"). On a rarement vu un film qui allait aussi loin dans son concept puisque le fait que l'humanité perde progressivement ses 5 sens se ressent directement à l'écran ! Une très bonne histoire qui aura le mérite de sensibiliser le public face à des questions que l'on n'ose généralement pas se poser...

Jour 5 (dimanche 29 janvier 2012)

La journée démarre avec "Babycall", le dernier film en compétition cette année à Gérardmer (il n'y a que "Hell" que je n'ai pas réussi à voir). Cette production norvégienne qui met en scène Noomi Rapace (la Lisbeth Salander de la trilogie "Millénium" version suédoise) est avant tout un thriller psychologique qui met à rude épreuve les nerfs et la compréhension du spectateur car (pour une fois) on ne lui simplifie pas la tâche. On s'y perd un peu, mais on frissonne tout de même devant ce film froid et plutôt simple en apparence qui semble avoir divisé les spectateurs à la sortie de la salle : en gros, ceux qui n'ont pas compris n'ont pas aimé, tandis que d'autres ont apprécié toute l'horreur (pas forcément très visuelle) qui se dégageait de cette histoire. (cliquez ici pour la critique complète)

On continue avec un film beaucoup plus léger nommé "Juan Of The Dead" qui nous vient de Cuba. On joue à peu près dans la même cour que "Shaun Of The Dead", avec un humour adapté au pays d'origine du film. Le budget n'est pas énorme (c'est une production hispano-cubaine) mais les acteurs sont attachants, de bonnes idées sont mises en scène ici et là, l'hémoglobine est parfois abondante et surtout on se marre très régulièrement grâce notamment à quelques dialogues très surprenants. Une bonne surprise et un bon moment de détente avec ce film sans grandes prétentions.

C'est enfin le moment de la cérémonie de clôture ! Après de nombreux remerciements mérités, et après avoir émis le souhait que la 20ème édition du festival puisse bien avoir lieu en 2013, on passe au palmarès que voici (et qui ravit votre serviteur) :

Grand prix : "Babycall"

Prix du jury : "Beast" ex-aequo avec "La Maison Des Ombres"

Prix du public : "Eva"

Prix de la critique : "Babycall"

Prix du jury jeunes de la région Lorraine : "La Maison Des Ombres"

Prix du jury SyFy : "La Maison Des Ombres"

Prix du court-métrage : "Le Cri" (+ mention spéciale pour "Le Lac Noir")

Et on termine la journée (ainsi que le festival) par "The Divide", présenté en avant-première par son réalisateur Xavier Gens ("Frontière(s)", "Hitman") lui-même. Ce huis-clos post-apocalyptique qui ravira certainement les amateurs de violence gratuite, de personnages idiots et d'absence de scénario a été reçu de manière mitigée (subtil mélange d'applaudissements et de bouhhhh) par le public...

Un peu comme la sélection du festival lui-même d'ailleurs ! Si les films récompensés sont clairement ceux qui le méritaient le plus, d'autres films en compétition comme "The Cat", "The Moth Diaries" et peut-être même "Hell" (qui s'est fait copieusement huer) n'avaient clairement pas leur place dans un festival qui peine de plus en plus à se mettre en place chaque année.

Malgré ça, vivement le festival de Gérardmer en 2013 !

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