6 février 2011

Festival de Gérardmer 2011 (films divers)

Le festival du film fantastique de Gérardmer, c'est aussi l'occasion de voir quelques films hors compétition, rétrospectives, inédits vidéo ou documentaires ayant un lien avec le film fantastique, d'horreur ou tout simplement la thématique du festival (cette année : schyzophrénie, paranoïa et claustrophobie) :

"American Grindhouse"
(Documentaire - USA - Elijah Drenner)


Savez-vous ce qu'est le cinéma d'exploitation ? Il est clair que cette dénomination n'est certainement pas très parlante pour le public européen mais pourtant elle a atteint un statut culte outre-atlantique et si vous êtes familiers de la musique et des vidéo-clips de Rob Zombie, vous devez commencer à comprendre de quoi il s'agit.

Peut-être un peu plus connus du grand public, les récents films "Boulevard De La Mort" (Quentin Tarantino - 2007), "Planète Terreur" (Robert Rodriguez - 2007), "Black Dynamite" (2009 - Scott Sanders) et "Machete" (2010 - Robert Rodriguez) ou encore le jeu vidéo "The House Of The Dead - Overkill" (2009 - Nintendo Wii) sont tous des hommages vibrants au cinéma d'exploitation tel qu'il était diffusé aux USA lors de son âge d'or (années 60/70) en double-séances dans des cinémas spécialisés (surnommés "grindhouse").

Le principe du cinéma d'exploitation est simple : on prend un sujet (de préférence légèrement amoral ou carrément choquant) et on l'exploite à fond (logique, non ?) sans vraiment se soucier de la qualité du scénario, des acteurs ou des effets spéciaux. C'est l'histoire de ce mouvement aux sous-genres multiples et surprenants (allant du "beach movie" au "nazisploitation", en passant par divers films d'horreur, de monstres, de cannibalisme, de zombies, d'extra-terrestres, de kung-fu, de polars afro-américains, de torture, etc... sans oublier les héroïnes aux poitrines disproportionnées du célèbre Russ Meyer) que nous propose ce documentaire passionnant.



Ce qui est intéressant avec le cinéma "grindhouse", c'est qu'il a certainement été à l'origine des campagnes marketing qui promettaient de voir des choses atroces ou des sujets tabous alors que les films eux-même étaient de piètre qualité, un peu comme le célèbre cirque "Barnum" (dont il est le digne successeur) au début du 20ème siècle ! On se rend également compte qu'Hollywood n'a jamais hésité à copier les recettes du cinéma d'exploitation (certes, de manière un peu moins grossière) pour créer le buzz et engranger plus de bénéfices.

Bref, un documentaire essentiel pour tout cinéphile voulant abordant la totalité des facettes de son art favori. Les divers intervenants ont beaucoup d'anecdotes savoureuses à raconter et on retiendra particulièrement le réalisateur John Landis (le clip "Thriller" de Michael Jackson mais aussi les films "Blues Brothers" ou "Le Loup-Garou De Londres") qui est totalement hilare à chaque fois qu'il apparaît à l'écran. Incontournable, surtout si on veut mieux comprendre les univers de gens comme Rob Zombie, Quentin Tarantino ou Robert Rodriguez...

"Triangle"
(Royaume-Uni/Australie - Christopher Smith)
Prix 2011 du meilleur inédit vidéo


Un groupe d'amis ayant essuyé une violente tempête trouve refuge à bord d'un paquebot étrangement désert où les lois de la logique seront défiées mais où l'horreur sera bien présente !



J'apprécie particulièrement lorsque l'horreur et le fantastique se mêlent et le réalisateur de "Creep" (2005), "Severance" (2006) et le futur "Black Death" s'en sort ici très bien avec ce labyrinthe dans lequel le spectateur sera tout autant perdu que les protagonistes du film. Difficile d'en dire plus sur l'histoire ou les personnages sans révéler quoi que ce soit mais en tout cas on est tenus en haleine jusqu'au bout de ce faux "slasher" qui finit par se révéler être un bon film fantastique !

"L'Empire Des Ombres"
Titre original : "Vanishing On 7th Street"
(USA - Brad Anderson)


Aaaahhh, enfin un film 100% fantastique (par opposition aux nombreux films d'horreur, quasi-omniprésents) ! C'est ce que je me suis dit pendant les premières minutes mais je me suis vite souvenu qu'une bonne thématique ne faisait pas forcément un bon film !

Le point de départ est simple : soudainement dans la ville de Detroit, pendant la nuit, toutes les installations électriques cessent de fonctionner et toutes les lumières s'éteignent. On réalise rapidement que tous les habitants semblent avoir instantanément disparu en ne laissant comme seule trace de leur existence qu'un petit tas de vêtements. Il y a néanmoins quelques survivants qui ne tarderont pas à se rencontrer et qui tenteront de faire de leur mieux pour survivre à l'obscurité rampante qui absorbe toute forme de vie...



Le souci c'est que le concept qui semble intéressant au départ finit par lasser le spectateur car il ne sera jamais apporté aucune réponse aux questions qu'on est en droit de se poser. Mais les personnages sont également problématiques car on ne s'attache pas du tout à eux et à la fin du film on se rend compte que leur situation n'a jamais vraiment évolué. Et j'ose à peine parler des nombreuses incohérences qui entachent rapidement la crédibilité de l'ensemble...

Pour résumer : une situation à laquelle on ne comprend rien + des personnages inintéressants qui font n'importe-quoi = un ennui profond !

Un film à éviter donc ! Dommage, le concept était sympa.

"Prowl"
(USA - Patrik Syversen)


Un groupe d'adolescents, une jeune fille déterminée à quitter son patelin d'origine, un routier sympa qui accepte de les dépanner pour les emmener... vers l'horreur !



Alors qu'on pense se diriger vers un film "slasher" relativement classique, on ne pourra qu'être surpris par la direction "fantastique" vers laquelle se tourne l'histoire à un moment donné. Je ne dirai pas de quoi il s'agit exactement (quoiqu'on peut légèrement s'en douter en voyant la bande-annonce) mais cette surprise qui fait l'originalité du film est peut-être également son principal défaut. Disons simplement que malgré la qualité de la mise en scène et des acteurs, l'ensemble m'a soudainement paru assez peu crédible et j'ai fini par complètement décrocher.

Malgré tout, le film est plutôt correct (si on excepte quelques situations poussives, dont celle de la scène finale) et on y verra peut-être une métaphore intéressante sur le passage à l'âge adulte et l'affirmation de soi.

1 commentaire:

Saki a dit…

C'est rigolo parce que j'ai maté un épisode de "Martin Mystère" très sympa dernièrement, qui reprenait à peu de choses près le scénar de "Vanishing".
Je n'ose te dire qu'apparament cet épisode de DA a l'air meilleur que le film en question, hem...