3 février 2013

Gérardmer 2013 - Jour 4

Avec les températures qui baissent de jour en jour, on retrouve tout doucement le paysage habituel du Festival du Film Fantastique de Gérardmer puisque la pluie à laissé sa place à la neige.


Et on attaque la journée sur l'un des derniers succès du box-office américain avec Mamà (en compétition) dans lequel on retrouve Jessica Chastain (Take Shelter, Zero Dark Thirty). Le réalisateur et la scénariste du film sont d'ailleurs présents pour nous présenter brièvement leur travail en quelques mots pleins d'humour. Il s'agit d'un thriller dans lequel le mal vient (encore) des enfants, mais la formule est relativement inédite puisqu'on débute par deux petites filles livrées à elle-mêmes dans la forêt pendant 5 ans suite à un drame familial. Elles sont recueillies par leur oncle et sa copine rockeuse mais il devient rapidement évident que quelqu'un (ou quelque-chose) a protégé les filles pendant tout ce temps...


Le début du film est plutôt efficace et les gamines font régulièrement froid dans le dos mais l'histoire s'enfonce dans des longueurs bien trop perceptibles et tarde à se dévoiler en essayant de combler les vides par des effets faciles censés faire bondire les spectateurs dans leur siège. Heureusement que la réalisation est variée et soignée car cela évite qu'on s'ennuie pour de bon, et Jessica Chastain (presque méconnaissable en rockeuse brune aux cheveux courts) s'en sort merveilleusement bien puisque la majeure partie du film repose sur ses épaules. Il arrive tout de même un point où on a hâte d'en finir et malheureusement la conclusion du film s'empêtre dans la facilité et les clichés. Dommage car l'effort était louable...

On poursuit avec Dagmar - L'Âme Des Vikings, un film norvégien par le réalisateur du premier épisode de la trilogie Cold Prey qui nous replonge ici dans l'une des époques les plus violentes de l'histoire de son pays via un survival brutal et sans concession.


Sauf que le tout est terriblement convenu (toutes les scènes de tension se finissent exactement comme on l'imagine) et devient rapidement ennuyeux, avant de sombrer dans le ridicule et l'improbable dans la dernière partie. L'ensemble n'est d'ailleurs pas aussi violent que le titre français (aussi inadapté que trompeur) pourrait le laisser croire. On n'en retiendra pas grand-chose d'intéressant en dehors des décors froids et montagneux...

On revient dans les films en compétition avec Berberian Sound Studio, un film anglais (présenté par son propre réalisateur dans une petite vidéo avant la projection) qui nous plonge dans l'univers de la post-production sonore du cinéma d'horreur italien des années 70 via l'histoire d'un ingénieur du son britannique chargé de travailler sur ce type de long-métrage alors qu'il n'aime pas ça.


Une réalisation sublime et ultra-léchée grâce notamment à des éclairages tamisés qui servent bien la tension permanente de ce huis-clos psychologique. Le souci vient du fait que c'est tellement psychologique qu'il est difficile de véritablement comprendre où tout cela nous mène... Difficile tout de même de blâmer le film tant sa forme est hyper-soignée, mais il est dommage qu'on ne nous donne pas vraiment les clés pour en saisir le fond ! Un film qui risque de laisser pas mal de monde de côté (des dizaines de personnes ont d'ailleurs quitté la salle pendant la projection). À voir tout de même pour découvrir comment de nombreux effets sonores sont (ou étaient) réalisés.

On conclut la journée avec l'événement de ce 20ème Festival du Film Fantastique de Gérardmer : la projection en avant-première de Cloud Atlas de Lana Wachowski, Andy Wachowski et Tom Tykwer (les trois réalisateurs ont d'ailleurs enregistré un petit message vidéo pour souhaiter un bon anniversaire au festival). Ce film très ambitieux raconte six histoires qui se déroulent à six époques différentes, mais qui s'entremêlent et se complètent sans arrêt par le biais de thématiques, d'objets, de personnages et aussi des acteurs qui jouent parfois des protagonistes différents selon le segment que l'on est en train de voir.


Il est difficile de décrire l'expérience que constitue la vision de Cloud Atlas en quelques mots mais le moins que l'on puisse dire ce que l'on est vite happés dans ces différents destins qui ne cessent de s'appeler les uns les autres. Toutes les histoires sont riches et passionnantes, et pourtant très différentes (et en même temps liées) ! Pas une seconde d'ennui pendant 2h50 de film, c'est très fort ! On n'est jamais perdus et la virtuosité ainsi que la diversité visuelle de l'ensemble ne peuvent qu'imposer le respect le plus total ! Un petit bijou qui a tout à fait sa place dans un festival comme celui-ci. Il faudra d'ailleurs une bonne demi-heure de déneigement et de dégivrage de son propre véhicule pour que l'auteur de ces lignes se sorte complètement la tête des nuages...

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