19 avril 2011

Critique ciné : Source Code

Sérieusement, il y a un truc que je ne pige pas au sujet des adaptations de titres de films anglophones pour la France. Des fois on nous met un titre français qui n'a rien à voir, des fois c'est un autre titre en anglais complètement différent de l'original, des fois on nous rallonge le titre anglais original et dans le cas présent on garde le titre original alors qu'il aurait suffi d'intervertir les deux mots pour avoir un titre français correct, compréhensible et qui ne m'aurait pas donné l'horrible impression de vouloir parler un mauvais "verlan" lorsque j'ai acheté mon ticket pour voir le film (en avant-première).

Mais bref, ce qui m'a attiré vers "Source Code" peut être résumé ainsi : c'est le second métrage de Duncan Jones et son premier film "Moon" (2009) est l'un des plus sympathiques films de science-fiction qu'il m'ait été donné de voir ces dernières années, j'adore le film "Un Jour Sans Fin" (1993) ainsi que la série "Code Quantum" (1989 - 1993) et j'ai l'impression qu'on tient ici un savant mélange de ces deux concepts, et pour finir j'adore les trains et donc forcément les films avec des trains !

(pas du tout représentative du film, cette affiche !)

Le capitaine Colter Stevens est un pilote d'hélicoptère de l'armée américaine qui participe au programme "Code Source" (oui, contrairement au titre et à la bande-annonce ci-dessous, dans le doublage français final ils disent bien le "Code Source", ils ont du se rendre compte que ça sonnait vraiment très con de dire le "Source Code"). Grâce à ce programme, il investit le corps d'une autre personne durant les huit dernières minutes de sa vie, et dans le cas présent il se trouve à bord d'un train de banlieue qui se dirige vers Chicago et qui transporte une bombe. Sa mission est de revivre ces huit minutes encore et encore, afin de trouver l'auteur de l'attentat et d'empêcher une autre explosion.


Je ne vais pas tourner autour du pot : le film est vraiment très sympa ! On se place du point de vue du personnage principal, on découvre donc beaucoup de choses à mesure que l'histoire progresse et la tension est permanente. Les allergiques à la terminologie informatique n'ont pas de crainte à avoir, ils ne seront pas noyés sous des tonnes de termes techniques qui risquent de les perdre (comme dans "Matrix" par exemple). L'histoire reste simple, les enjeux sont toujours compréhensifs et on oublierait presque qu'il s'agit de science-fiction, ce qui devrait séduire le grand public.


Les personnages sont peu nombreux mais attachants, et mention spéciale à Vera Farmiga très craquante en contact vidéo militaire tirée à 4 épingles du capitaine Stevens, même si la jolie brune du train (Michelle Monaghan) est également très mignone. Duncan Jones alterne des plans très larges (et somptueux) sur la ville de Chicago (qui devraient rappeler des souvenirs aux spectateurs attentifs de "The Dark Knight") avec des plans beaucoup plus serrés dans les couloirs du train, les bureaux militaires ou la capsule du capitaine Stevens, ce qui évite brillamment au spectateur de se lasser du manque de variété dans les décors, grâce notamment à des angles de caméra légèrement différents d'une scène à l'autre. On notera également quelques mouvements de caméra physiquement impossibles que n'auraient pas renié David Fincher ("Seven", "Fight Club", "Panic Room", "Zodiac", "The Social Network", etc...) et qui sont réalisés à l'aide d'effets numériques relativement discrets.

Les spectateurs les plus pointilleux noteront toutefois que le scénario comporte quelques petits trous mais l'ensemble fonctionne tout de même très bien et chacun devrait rester collé à son siège jusqu'aux toutes dernières minutes du film !



Des histoires comme ça (simples, fantastiques, bien ficelées et efficacement mises en scène), j'en redemande ! Duncan Jones confirme donc son talent et fait aujourd'hui partie des réalisateurs à suivre de près. Ceux qui le découvrent aujourd'hui feraient bien de s'intéresser à son premier film "Moon" qui appliquait plus ou moins la même recette, mais dans un contexte lunaire très différent...

Il se murmure que son prochain film pourrait être "The Wolverine", la suite très attendue du "prequel" (navet ?) consacré au plus populaire des X-Men, suite à la défection de Darren Aronofski ("Black Swan"). Mais quelque-part, je me demande si ce ne serait pas un cadeau empoisonné...

PS : les fans de "Code Quantum" noteront peut-être que Scott Bakula, qui interprétait le héros de la série, a un petit cameo dans "Source Code". Mais il faudrait voir le film en VO pour en profiter réellement...

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