30 mars 2015

Critiques ciné express : Inherent Vice, Selma, Still Alice


Inherent Vice de Paul Thomas Anderson

Je ne suis pas le plus grand fan du cinéma de Paul Thomas Anderson, c'est le moins que l'on puisse dire ! Si Boogie Nights et Magnolia étaient effectivement très sympathiques malgré leur longueur, j'avoue n'avoir pas du tout adhéré à Punch Drunk Love et je ne sais toujours pas quoi penser de There Will Be Blood. Quant à The Master, je le considère toujours comme une sacrée arnaque intellectuelle malgré de beaux efforts de mise en scène et des acteurs talentueux.

Avec Inherent Vice, Anderson déclare s'attaquer à la comédie de type "slapstick" par le biais d'une enquête de détective privé dans le Los Angeles du début des années 70. Il s'agit de l'adaptation du roman du même nom, écrit par Thomas Pychon en 2009. Dans les faits, il s'agit de la même arnaque qu'avec The Master... en pire ! Les personnages sont innombrables et le scénario devient incompréhensible au bout d'une vingtaine de minutes. Tout le film repose sur une succession de dialogues ayant pour seul point commun le personnage de Joaquin Phoenix. Chaque dialogue amène de nouveaux interlocuteurs et de nouveaux éléments à l'histoire, ce qui mène au dialogue suivant, et ainsi de suite pendant un total de 2h30.

29 mars 2015

Un superbe court-métrage de SF : The Leviathan

Ruairi Robinson est un réalisateur qui a principalement officié dans le domaine du court-métrage mais qui a également sorti le long-métrage The Last Days On Mars que j'avais pu voir au Festival de Gérardmer en 2014.

Il a mis en ligne ce court-métrage intitulé The Leviathan il y a quelques jours. On y voit des esclaves humains chargés de récupérer de la "matière exotique" sur de gigantesques créatures. C'est absolument superbe et il est clair que l'homme a une grande maîtrise des effets numériques visuels :



La bonne nouvelle, c'est que le réalisateur Neill Blomkamp (District 9, Elysium, Chappie) a beaucoup aimé ce court-métrage et qu'il a décidé d'aider Robinson à porter ce projet sur grand écran en tant que producteur. Simon Kinberg (producteur et scénariste notamment des derniers film X-Men de nouvelle génération) s'est joint à lui en tant que producteur. Le studio 20th Century Fox semble être volontaire pour aider le projet.

27 mars 2015

Qui a tué le plus de monde au ciné ? Schwarzy ou Stallone ?

L'un est âgé de 68 ans et est américain (de parents d'origine italienne, française et allemande). Il est apparu dans près de 70 films (incluant ses projets en cours).

L'autre est âgé de 67 ans, il est culturiste autrichien naturalisé américain et il est apparu dans plus de 50 films (en comptant ses projets en cours).

Les deux hommes ont récemment avoué qu'ils se détestaient dans les années 80/90 lorsque leurs carrières étaient à leur apogée, mais la seule vraie question est : qui a dézingué le plus de méchants à l'écran ?

Grâce aux deux vidéos ci-dessous, il est enfin possible d'avoir un compte quasiment à jour qui permette de répondre à cette question cruciale...


26 mars 2015

Critique ciné : Big Eyes

Tim Burton s'attaque pour la seconde fois de sa carrière, après Ed Wood en 1994, à un biopic. Il s'intéresse cette fois à l'artiste Margaret Keane (Amy Adams), une peintre dont les portraits d'enfants aux grands yeux ont été extrêmement populaires dans les années 60. Seulement, à cette époque, personne ne savait qu'elle était l'auteure de ses toiles car son mari Walter Keane (Christoph Waltz) s'en était attribué la paternité tandis qu'il faisait partie des premiers "artistes" à faire sortir la peinture des galeries d'art et des propriétés des riches acheteurs par le biais de ce qu'on appellerait aujourd'hui du merchandising (posters, objets décorés fabriqués en série, etc...).

Tim Burton est un grand fan des œuvres de Margaret Keane qu'il collectionne, et il avait d'ailleurs demandé à celle-ci de réaliser un portrait de sa fille Lisa Marie dans les années 90. Il est donc assez logique qu'il ait fini par être rattaché à ce projet qui a débuté en 2007 grâce aux scénaristes Scott Alexander et Larry Karaszewski (qui devaient à l'origine réaliser le film en 2008 avec Kate Hudson et Thomas Haden Church dans les rôles principaux). Après un report, Tim Burton rejoint le projet en 2010 en tant que producteur, à une époque où les acteurs Reese Witherspoon et Ryan Reynolds sont supposés interpréter les rôles principaux. Et ce n'est qu'en 2013 que Tim Burton devient officiellement le réalisateur du film et que Amy Adams et Christoph Waltz sont castés pour interpréter les deux personnages principaux.


Si l'histoire de Margaret Keane est plutôt intéressante et mérite clairement d'être connue du grand public, il est clair que le film repose avant tout sur la prestation de Christoph Waltz pour un personnage très haut en couleurs regorgeant d'idées géniales (en termes de marketing) mais possédant également une face sombre absolument détestable. La prestation d'Amy Adams est loin d'être honteuse, elle a seulement du mal à exister dans le rôle d'une femme, certes en souffrance, mais très réservée et introvertie, face au show quasi-permanent de Waltz qui en viendrait presque à rendre son personnage trop sympathique par moments. Donc il y a peut-être un problème d'équilibre entre les deux protagonistes principaux...

Mais ce n'est pas tout ! Car plusieurs personnages secondaires qui semblent plutôt importants sont introduits assez tôt dans le métrage : le narrateur incarné par le journaliste Dick Nolan (Danny Huston), DeeAnn (Krysten Ritter vue dans Breaking Bad) la bonne copine de Margaret, Ruben (Jason Schwartzman) le directeur de galerie d'art, ainsi que le critique artistique John Canaday (Terence Stamp). Or il s'avère que ces personnages, même s'ils apparaissent de temps à autre, ne servent finalement pas à grand chose. Ils illustrent effectivement quelques étapes importantes du récit, mais il est difficile de ne pas se demander pourquoi des interprètes aux visages aussi reconnaissables sont cantonnés dans des rôles qui relèvent quasiment de la figuration. Cela est particulièrement visible dans le cas du narrateur qui ne sert à rien du tout, et ces différents passages auraient pu avoir le même sens avec un meilleur effort d'écriture et de simples figurants.



Enfin, si la photo de Big Eyes est plutôt jolie et nous replonge aisément dans les années 60/70, et même si cette histoire est loin d'être inintéressante, cette nouvelle réalisation de Tim Burton manque cruellement de rythme, et surtout de panache ! Notamment lors du dénouement final qui ressemble davantage à une farce sans grande envergure et dénuée de tension plutôt qu'à la démonstration éclatante qu'elle aurait dû être !

Bref, on ne sait plus trop dans quel domaine Tim Burton est à l'aise. Ce n'est en tout cas ni dans son domaine de prédilection rempli de monstres extravagants comme l'avait prouvé le catastrophique Dark Shadows en 2012, ni en sortant de son style habituel en traitant pourtant un sujet qui le tient à cœur comme c'est le cas ici ! Il ne lui reste visiblement plus que l'univers de Walt Disney pour espérer briller un peu (ne serait-ce qu'au box-office), comme c'était le cas en 2010 avec son Alice Au Pays Des Merveilles. Et c'est peut-être pour ça que son prochain film sera une adaptation "live" de Dumbo pour Walt Disney. Et je ne suis pas sûr d'avoir très envie qu'il se penche sur une suite de Beetlejuice comme il semble pourtant en avoir envie depuis quelques temps...

25 mars 2015

TIE Fighter - le superbe fan-film animé Star Wars

Souvenez-vous, en septembre 2012, je vous parlais ici-même d'un fan-film animé d'une durée de 2 minutes que son propre créateur hésitait à rendre public, et qu'un fan avait finalement publié en y ajoutant de la musique et des sons...

Aujourd'hui, en mars 2015, OtaKing77077 (ou plutôt Paul Johnson de son vrai nom) a terminé son fan-film consacré aux TIE Fighters de l'Empire, ou plutôt son hommage animé au jeu-vidéo TIE Fighter sorti sur PC et Mac et 1994. Le film dure désormais 7 minutes, il est visible ci-dessous et il est désormais accompagné d'une musique originale composée par Zakir Rahman. Il possède même son propre poster :


17 mars 2015

Critique ciné : Chappie

Le réalisateur/scénariste Neill Blomkamp a surpris tout le monde avec District 9 (2009), puis il a globalement déçu avec Elysium (2013), son premier film à gros budget (115 millions de dollars) aux visuels toujours aussi impressionnants, mais au scénario bien plus simpliste et qui privilégiait l'action à la profondeur de ses personnages. Malgré le semi-échec (critique et financier) d'Elysium, il n'a pas perdu de temps et a décidé d'adapter son propre court-métrage Tetra Vaal de 2003 qui imaginait la police de Johannesburg aidée par des robots policiers. Revenant à un budget plus serré (49 millions de dollars), et s'inspirant aussi bien du manga Appleseed (pour le design du robot principal), que des jeux-video Metal Gear (pour le design de l'autre robot au centre du film), sans oublier la question de l'intelligence artificielle, il nous livre Chappie en 2015, un film particulièrement influencé par la plupart des thématiques abordées dans le film RoboCop de 1987 !


Les enjeux de Chappie sont divers, et pourtant assez simplistes, car on remarque d'emblée que les différents protagonistes sont assez caricaturaux : l'ingénieur militaire incarné par Hugh Jackman (qui reprend pour l'occasion son accent australien d'origine) est un peu trop bas du front, tandis que le jeune nerd incarné par Dev Patel (Slumdog Millionaire) est un peu fade et beaucoup trop naïf par rapport à l'endroit où il travaille. On regrettera également que la présence de Sigourney Weaver se résume à quelques scènes qui n'exploitent jamais le talent de l'actrice. Impossible en revanche de passer à côté de Ninja et Yo-Landi (du groupe de rap-rave sud-africain Die Antwoord) qui interprètent plus ou moins leur propre rôle en version gangsta et qui apportent un côté visuel très cyberpunk plutôt bienvenu dans un film avec des robots, malgré les réserves que l'on pourrait adresser ici et là à la qualité de leur jeu d'acteur.

Mais celui qui vole la vedette à tout le monde, c'est bien entendu Sharlto Copley, le grand copain (d'enfance) du réalisateur Neill Blomkamp qui prête sa voix et ses mouvements au fameux Chappie, dans une prestation mêlant force et sensibilité qui prouve une nouvelle fois à quel point le réalisateur est à l'aise dans le domaine des effets spéciaux. On ne doute en effet jamais de la véracité des interactions entre les humains et le robot, malgré le fait que ce dernier n'était pas forcément physiquement présent lors du tournage de toutes les scènes (il était en revanche remplacé par Sharlto Copley qui agissait en tant que doublure et référence gestuelle pour les animateurs qui ont ensuite intégré le robot).



On peut éventuellement reprocher à Chappie sa grande naïveté, notamment dans le traitement un peu trop survolé de certaines technologies pourtant au cœur de l'histoire, mais aussi pour ses personnages qui frôlent régulièrement le ridicule, sans parler des enjeux finalement assez simplistes. Pourtant, le film est une belle réussite parsemée de beaux moments d'émotion, qui fonctionnent certainement encore plus si on est sensible à l'évolution de la robotique, mais aussi de bonnes grosses phases d'action qui s'avèrent moins gratuites et plus lisibles que dans Elysium.

On aurait tort d'enterrer le talent de Neill Blomkamp à la vue de l'échec incompréhensible de Chappie en salles ! D'une part car le metteur en scène se fait avant tout plaisir en s'inspirant des icônes cultes de sa génération comme le RoboCop original, Appelez-moi Johnny 5 (Short Circuit 2 en VO) ou encore Blade Runner, mais d'autre-part car il le fait avec une grande honnêteté et une véritable volonté de divertir et d'en mettre plein la vue, sans toutefois se prendre pour un esthète (qui a dit Michael Bay ?), et pour un budget nettement inférieur à celui de certains de ses camarades.

Donc pour résumer : malgré quelques défauts évidents mais qui ne m'ont pas gâché le film, j'ai tout simplement adoré Chappie que j'ai envie de comparer à une sorte de Real Steel (qui contenait aussi des robots, Hugh Jackman, des défauts très visibles, mais pourtant de sublimes moments d'émotion et des effets spéciaux très impressionnants) en version adulte ! Et maintenant je me demande, comme tout le monde, ce que va faire Neill Blomkamp pour son futur Alien 5 qui devrait marquer le grand retour d'Ellen Ripley au cinéma...

9 mars 2015

24FPS HS 2015 : Les films de Février

Petit bilan du mois de février 2015, principalement sans spoiler, avec quelques films qui ont tout de même pas mal fait parler d'eux, sans oublier les Oscars !


Et on commence d'ailleurs l'émission avec notre retour sur la 87ème cérémonie des Oscars. Les films nommés, ceux qui n'ont pas été nommés, les gagnants, les perdants, etc...

Puis nous évoquons 5 films sans spoiler :

- Le Septième Fils de Sergueï Brodov
- Foxcatcher de Bennett Miller
- Jupiter - Le Destin De l'Univers de Andy et Lana Wachowski
- 50 Nuances De Grey de Sam Taylor-Johnson
- American Sniper de Clint Eastwood

Et nous revenons à partir de 02h53, après le signal sonore, sur deux films, mais cette fois avec spoilers : tout d'abord American Sniper puis Foxcatcher.

Bonne écoute, et n'hésitez pas à nous dire ce que vous avez pensé de ces films ou des Oscars !



Pour rappel, vous pouvez vous abonner à 24FPS sur iTunes ou via RSS et retrouvez nous sur le site officiel de l'émission ou via nos comptes Facebook et Twitter.

Crédits musicaux : Beasts Of Burden des Rolling Stones, issu de l'album Some Girls (1978), et Witchcraft par Frank Sinatra, sorti en single en 1957 puis figurant sur la compilation All The Way en 1961 (à ne pas confondre avec la version plus rapide ré-enregistrée en 1963 pour l'album Sinatra's Sinatra, ni avec la version en duo avec Anita Baker qui figure sur l'album Duets de 1993).

2 mars 2015

24FPS 69 : Birdman

Il a fallu attendre que la 87ème cérémonie des Oscars soit passée pour que Birdman de Alejandro González Iñárritu sorte enfin en France et que nous puissions l'aborder dans 24FPS, le podcast ciné avec ou sans spoiler !


Donc après une courte présentation de la carrière du réalisateur, puis un historique de la genèse du film et de son casting, Julien et moi-même livrons notre avis sur Birdman, dans un premier temps sans spoiler, puis de manière beaucoup plus détaillée et en révélant les scènes principales du film après le signal sonore.



Bonne écoute, et n'hésitez pas à nous donner votre vision du film !

Pour rappel, vous pouvez vous abonner à 24FPS sur iTunes ou via RSS et retrouvez nous sur le site officiel de l'émission ou via nos comptes Facebook et Twitter.

Crédits musicaux : Get Ready de Antonio Sánchez, issu de l'album Birdman Or The Unexpected Virtue Of Ignorance - Original Drum Score (2014), et Crazy de Gnarls Barkley, issu de l'album St. Elsewhere (2006)