31 janvier 2015

Festival de Gérardmer 2015 - Jour 3

Il neige, il neige sur Gérardmer, à tel point qu'on se demande s'il sera un jour possible de repartir d'ici... mais ce n'est pas important pour le moment puisque la compétition reprend avec un co-production entre la Lettonie et l'Estonie : The Man In The Orange Jacket


Le réalisateur Aik Karapetian est là pour nous présenter son film. Il nous explique que celui-ci a mis 5 ans à voir le jour car son budget était quasi-nul, et que jusqu'au bout il n'était pas sûr de pouvoir le terminer. On se croirait tout d'abord dans un slasher ou un home-invasion sur fond de crise sociale, mais le film ne démarre vraiment que lorsque celui qui vient de commettre un massacre s'installe dans la riche demeure où il a commis ses actes et tente de vivre de manière aisée.

S’enchaînent alors diverses séquences où cet homme au gilet orange tente de s'occuper mais on sent bien que quelque-chose ne tourne pas rond et qu'il pourrait lui-même se trouver en grand danger. L'ambiance au sein de cette demeure n'est pas sans rappeler celle du film Shining car on y joue beaucoup avec le sentiment d'isolation, les accès de violence gratuite et le sentiment de réalité. Un film plutôt inhabituel, qui ne lasse pas car il dure juste 1h11, et qui m'a séduit par sa narration complexe qui semble avoir laissé pas mal d'autres spectateurs sur le carreau. Le tout est en tout cas plutôt bien exécuté pour un film qui a bénéficié d'aussi peu de moyens.

Comme chaque année, j'en profite pour faire un petit tour au Grimoire, le salon littéraire du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer. C'est toujours l'occasion de voir qu'il existe mine de rien de nombreux auteurs pour la littérature de genre en France, sans parler du stand de goodies et de DVD qui annonce la tenue prochaine du Bloody Week-End édition 2015.



On retourne ensuite du côté de la compétition, du surnaturel et des Etats-Unis avec Jamie Marks Is Dead du réalisateur Carter Smith.


Des adolescents y sont confrontés à la mort d'un de leurs camarades, un camarade qui était d'ailleurs persécuté et relativement peu apprécié dans son établissement scolaire. Mais le jeune Adam, ainsi que son amie Gracie, voient le jeune Jamie Marks (ou son fantôme ?) revenir et s'adresser à eux. On comprend assez vite qu'il s'agit d'une métaphore sur la découverte de la sexualité, voire de l'homosexualité, mais le film tourne en rond et on a du mal à saisir le véritable but de l'ensemble. Les dialogues se succèdent sans que rien de nouveau ne soit apporté et divers éléments viennent perturber le récit, et on s'ennuie rapidement devant cette analogie dont on a du mal à saisir la finalité. Notons d'ailleurs que les personnages incarnés par Liv Tyler et Judy Greer ne servent strictement à rien (elles représentent l'autorité parentale, je suppose) et viennent ralentir un propos déjà peu clair. Un film à oublier...

Et on clôture la journée sur un troisième film en compétition : The Voices. Il s'agit d'une production américaine avec Ryan Reynolds, Gemma Arterton et Anna Kendrick, et réalisée par Marjane Satrapi (l'auteure de la BD Persepolis qui avait été adaptée au cinéma en 2007).


On plonge ici dans l'univers de la comédie déjantée avec le personnage de Jerry qui entend les voix de son chat et de son chien et qui dialogue avec eux pour prendre des décisions importantes dans sa vie relativement guillerette et pleine de couleurs acidulées. Mais les choses vont sérieusement déraper (dans le sanglant) lorsque Jerry, très maladroit, tente de séduire la belle Fiona de la comptabilité...

Le sujet abordé ici a déjà été traité à d'innombrables reprises au cinéma, mais c'est le point de vue de l'histoire qui rend l'ensemble original et réjouissant. Car on rigole souvent, notamment grâce à la candeur du personnage un peu idiot campé avec brio par Ryan Reynolds, sans oublier les dialogues très crus qu'il peut avoir avec son chat. Et la grande beauté de Gemma Arterton et Anna Kendrick ne fait pas oublier que c'est en fait un sujet très grave, et qui fait parfois froid dans le dos, qui est abordé ici. Un film original, très malin, parfois grave (malgré les apparences) qu'on ne risque pas d'oublier de si tôt ! Ça devrait être un des favoris du palmarès...

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