30 janvier 2015

Festival de Gérardmer 2015 - Jour 2

On démarre la première journée complète du festival avec un film autrichien en compétition : Goodnight Mommy !


On y suit le quotidien de deux jeunes frères jumeaux et de leur mère qui revient à la maison après une chirurgie du visage. Les scènes très contemplatives, souvent dénuées de dialogues, s’enchaînent pendant plus d'une heure et demi, et on comprend rapidement qu'un profond malaise perturbe cette famille isolée.


Malheureusement, le rythme beaucoup trop lent de cette production empêche de s'y intéresser vraiment, car si on a compris que quelque-chose ne va pas dès le départ, il faudra être trèèèèèès patient pour commencer à obtenir ne serait-ce qu'un début d'explication. Les spectateurs les plus attentifs ou les plus connaisseurs du cinéma de genre auront tôt fait de découvrir le pot aux roses (d'où un léger goût de déjà-vu), et les diverses tentatives de détourner l'attention n'y changeront pas grand-chose. Seule la dernière partie du film possède un peu de tension et d'enjeux, mais celle-ci s'étale également sur une trop longue durée qui finit par saper l'attention. La tentative est louable, et comprend bien où les réalisateurs ont voulu en venir, mais à force de vouloir perdre le spectateur, on finit par vraiment y arriver !

Un petit tour à l'exposition consacrée aux films de la Hammer permet de revoir les bande-annonces ainsi que les acteurs et actrices cultes de ce studio qui a re-dynamisé les grandes figures de l'horreur, ainsi que les débuts d'un certain magazine français bien connu :



Puis la compétition reprend avec Cub (qui sera certainement, et très justement, traduit Louveteau pour le marché français), le premier film du jeune réalisateur belge Jonas Govaerts qui s'intéresse aux scouts et à leur camp d'été où quelque-chose va forcément mal tourner.


Le réalisateur avoue que son film est un hommage aux films des années 80 avec un petit côté Goonies. Et c'est effectivement le cas puisqu'on navigue entre les codes du slasher et du survival sanglant. L'originalité n'est donc pas vraiment de mise, mais peu importe puisque ce n'était pas l'intention du cinéaste. Et le résultat est à la fois efficace, drôle (par moments) et bien rythmé, tout en réservant éventuellement quelques petites surprises en fin de métrage. Un bon petit film, qui ne réinvente absolument rien, mais qui s'avère bien sympa.

La journée se poursuit avec un hommage au réalisateur Robert Rodriguez (Desperado, Une Nuit En Enfer, Faculty, Sin City, Machete). Celui-ci déclare avoir le sentiment de se trouver au bon endroit lorsqu'il voit l'ambiance du festival et les gens maquillés (avec du sang ou des fausses cicatrices sur le visage). Il se remémore le moment où il avait montré la bande-annonce de Planète Terreur (avant la sortie du film) à James Cameron, et que celui-ci lui avait dit avoir le sentiment que l'univers complètement barré visible dans la vidéo avait beaucoup de sens et qu'il se reconnaissait dans ce genre de cinéma. Car c'est ça qui plait à Robert Rodriguez dans le cinéma : la possibilité de créer un univers complètement fantaisiste puis de bénéficier d'une totale liberté pour construire son récit à l'intérieur.


Et on enchaîne directement sur le troisième et dernier film en compétition de la journée : The Signal du réalisateur américain William Eubank, qui nous ramène du côté de la science-fiction en explorant divers univers comme celui des hackers et des mystères à la X-Files.


Trois jeunes gens tentent de localiser un célèbre hacker mais leur route va les mener sur le lieu d'un phénomène inexpliqué, ce qui va les conduire à se retrouver au sein d'un complexe ultra-sécurisé où on les interroge sans jamais leur expliquer ce qui se passe. Et c'est seulement là que démarre véritablement le film qui laisse le spectateur dans la même position que celle des jeunes protagonistes : celle de l'incompréhension quasi-totale par rapport aux événements. Cela finit d'ailleurs par être frustrant, car même si de nouveaux éléments font régulièrement leur apparition, on reste dans le flou le plus total pendant la quais-totalité du film.

Certains passages sont peut-être un peu trop longs, mais c'est peut-être parce-qu'on se pose beaucoup de questions que ce sentiment apparaît. On navigue ainsi dans une ambiance qui semble inspirée des romans de Philip K. Dick, où le protagoniste se voit forcé d'évoluer dans un univers qui regorge de surprises, sans que cela aide à trouver un sens à l'ensemble (c'est même plutôt le contraire qui se produit). Quelques fautes de goût entachent l'ensemble, comme de trop nombreux flash-backs (souvent les mêmes en fait) qui ralentissent régulièrement le rythme, sans parler de l'emphase trop importante sur les relations qui unissent les jeunes gens en début en début de film, alors que ça perd beaucoup de son importance par la suite.

Quelques scènes d'actions (pas aussi nombreuses que ce que pourrait laisser croire la bande-annonce ci-dessous, et qui abusent peut-être un peu trop des ralentis à l'extrême) viennent progressivement accélérer le rythme en fin de métrage, jusqu'à un final qui (dans mon cas en tout cas) sauve largement l'ensemble qui souffre toutefois de quelques longueurs. Un film déstabilisant, et très intéressant, mais dont la fin ne plaira pas à tout le monde...

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Dans la BA de The Signal on retrouve beaucoup d'inspiration du côté d'Akira ;D

F.

Draven a dit…

C'est vrai ! Je n'y avais pas pensé mais il est vrai que certains plans sont très similaires....