24 avril 2014

Critique ciné express : Need For Speed

En 2011, Fast & Furious 5 dépasse les 626 millions de dollars au box-office et devient donc une franchise hautement rentable (788 millions pour Fast & Furious 6 deux ans plus tard). En 2012, les studios DreamWorks se disent qu'ils peuvent sûrement faire pareil et achètent les droits de la saga de jeux-vidéo Need For Speed à Electronic Arts. Le but : faire un maximum de profits à moindre coût. Ils embauchent donc le réalisateur Scott Waugh au CV très léger (Navy SWCC et Act Of Valor, deux films/publicités pour l'armée américaine) et un scénariste débutant nommé George Gatins (même si son frère John qui avait écrit Coach Carter ou Real Steel lui a donné un petit coup de main sur les grandes lignes de l'histoire). Côté casting, on ne va pas chercher bien loin non plus (si on excepte Micheal Keaton qui reste éternellement associé à Batman ou Beetlejuice), et on embauche donc Aaron Paul dans le rôle principal (alors qu'il avait au départ été casté pour le rôle du méchant, mais vu la popularité de la série Breaking Bad, Steven Spielberg et le réal' ont jugé qu'il serait préférable pour le film qu'il joue le gentil) et on construit des répliques de voitures de course de luxe pour les scènes d'action et de poursuites qui seront filmées en vrai et sans ajouts d'images de synthèse (volonté artistique ou économique ?). Donc au final un budget global qui culmine à 66 millions de dollars (là où les derniers Fast & Furious oscillaient entre 125 et 160 millions).


Résultat : c'est une catastrophe absolue ! Aaron Paul n'est ni bon ni crédible en gentil héros un peu ténébreux. Le méchant (Dominic Cooper, vu en Howard Stark dans Captain America : First Avenger) est encore plus fade que le gentil tandis que le personnage féminin principal (Imogen Poots, vue dans 28 Semaines Plus Tard) bat des records de ridicule et de stéréotypes. Seul Michael Keaton semble s'amuser comme un fou dans ses scènes en solo et en roue libre vu qu'il ne croise jamais aucun autre personnage du film. Pourtant, la palme du lamentable revient sans hésitation au scénario totalement incapable de nous intéresser aux personnages, à leurs motivations, aux enjeux et globalement à quoi que ce soit dans ce film. On a d'ailleurs régulièrement l'impression qu'il nous manque des infos quand il est question de certains persos ou événements à priori importants. Mais c'est normal, c'est juste (mal) écrit comme ça...


(Voilà, vous avez vu toutes les meilleures images du film !)

Il reste quoi ? Les scènes de course ? Oui, il y en a. Elles sont variées (nuit, jour, en ville, en mode tout terrain, sur une route de forêt), mais si elles ont le mérite d'être à peu près lisibles, elles ne bénéficient pas d'une mise en scène particulièrement efficace ou spectaculaire. Et vu que le scénario est incapable de nous vendre les enjeux de ces courses, on s'ennuie, et pas qu'un peu ! Bref, un film pitoyable qui est le reflet de la volonté uniquement mercantile de ses créateurs, sans compter que tout ça se prend beaucoup trop au sérieux. Une honte cinématographique qui, heureusement, a peu de chances de connaître un jour une suite vu que son box-office mondial peine à atteindre les 190 millions de dollars. Et c'est tant mieux !

Espérons que les gens qui travaillent sur le futur film Gran Turismo seront un peu plus inspirés, et viseront autre chose que juste les rentrées de cash...

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