25 avril 2014

Critique ciné express : 47 Ronin

L'histoire des 47 ronin (un ronin est un samouraï sans chef) est un fait historique majeur de l'histoire du Japon qui s'est déroulé en 1701. Même si l'histoire a été largement enjolivée avec le temps pour acquérir un statut quasi-légendaire, elle reste extrêmement célèbre et populaire sur la péninsule nippone où la mémoire des 47 est célébrée tous les ans. Cette histoire a déjà été l'objet de nombreuses adaptations cinématographiques au Japon (sans parler des innombrables adaptations télévisées), à partir des années 1910 et jusqu'à un film de 1994 ayant réussi à se faire connaître en dehors du pays. Mais ici, c'est Hollywood qui s'attaque à cette légende avec la volonté de produire un blockbuster en 3D avec Keanu Reeves dans le rôle principal (l'acteur étant attaché au projet depuis le départ). Les studios Universal embauchent le réalisateur anglais débutant (venu de la pub) Carl Rinsch et lui confient un budget très élevé de 175 millions de dollars pour réaliser une adaptation plutôt libre de l'histoire originale, avec l'ajout de créatures mythiques et de nombreux costumes et effets spéciaux. Le tournage principal se déroule à la mi-2011 à Budapest et dans des studios anglais. Mais de nouvelles séances de tournage ont lieu dans les studios londoniens en aout 2012 pour ajouter de nombreuses scènes et surtout augmenter la présence de Keanu Reeves, ce qui augmente encore le budget qui atteint au final la somme colossale de 225 millions de dollars (pour info, Avengers c'est 220 millions, et Avatar 237 millions). Après de nombreux reports (le film devait à l'origine sortir fin 2012), 47 Ronin sort finalement fin 2013 aux Etats-Unis et au Japon, et début avril 2014 en France.

(N'espérez pas voir le tatoué Zombie Boy plus de 10 secondes dans le film !)

Les inquiétudes ont démarré dès la sortie du film au Japon puisque malgré une histoire culte là-bas et un casting essentiellement nippon, les chiffres d'entrées étaient à la peine. Idem pour les Etats-Unis où le film part très mal, et c'est quelque-part un miracle (ou un suicide commercial) qu'il ait fini par sortir chez nous 4 mois plus tard vu qu'il était déjà disponible en DVD/Blu-Ray dans ces contrées. Mais je suis au regret de dire que je comprends largement cet échec mérité. Il n'y a pas grand chose qui fonctionne correctement dans ce film ! Ça se prend très au sérieux et ça essaye de se la jouer très solennel, mais au final ça ressemble davantage à une belle collection de clichés et de cartes postales qu'à un film historique. Quoiqu'il est vrai que la volonté était dès le départ d'ajouter une dimension mythologique à tout ça, notamment par l'ajout de créatures fantastiques et d'une touche de sorcellerie... Mouais, on voit effectivement deux grosses bestioles (chacune bénéficiant d'une scène à elle, au tout début puis vers la fin du film), quelques démons (Tengu) avec une sale gueule, et une sorcière dont la chevelure a certainement mobilisé une grosse partie du budget des effets spéciaux. En dehors de ça, rien de très remarquable... Les scènes de combat sont assez bien mises en scène et on comprend assez bien tous les enjeux de l'histoire.

Où est le problème alors ? Ben on se fout complètement de tout ce qui passe ! Ni le scénario ni les personnages ne sont capables de nous intéresser à cette histoire, d'autant qu'on essaie constamment d'attirer notre attention sur le personnage mystérieux de Keanu Reeves, un non-japonais complètement inventé pour le film, sans qu'on comprenne jamais pourquoi. Il existe des exemples notables de films où un personnage occidental nous permet de pénétrer au sein d'une culture moins connue (Danse Avec Les Loups ou Le Dernier Samouraï pour ne citer qu'eux), mais ici ça ne fonctionne absolument pas vu qu'on n'arrive jamais à savoir si le film nous raconte l'histoire d'un groupe d'hommes ou celle d'un seul personnage sur lequel on a beaucoup de choses à apprendre. En plus de ça, le perso de Keanu Reeves est maltraité aussi bien par les méchants que par les gentils de cette histoire (parfois sans qu'on comprenne pourquoi), et du coup on ne sait pas à qui se raccrocher : à des ronin qui se comportent la plupart du temps comme des pourritures ou à un gentil Keanu un peu ténébreux qui assure comme une bête en toutes occasions sans qu'on sache vraiment ni ce qui lui permet d'être aussi balèze, ni ce qu'il est venu faire dans cette histoire ? Au final c'est très chiant, on finit par lâcher l'affaire et on s'ennuie pendant près de deux heures...



Des beaux décors ? Oui il y en a quelques uns, mais on a quand-même le sentiment que toutes les scènes principales ont été tournées en studio (ce qui est certainement le cas). Seul le tout dernier plan du film contient un peu de profondeur avec de jolis décors dignes de belles estampes japonaises. De beaux costumes ? Oui, il y en a des tas, et ça a sûrement couté très cher, mais ce n'est pas ça qui aide vraiment le film. Des personnages secondaires ? Oui, il y en a des tas et ils sont tous plus caricaturaux les uns que les autres. Du coup cette histoire légendaire sur l'honneur se transforme en un festival de clichés avec notamment une romance très mal amenée qui vient alourdir un ensemble déjà bien plombé par à peu près tout le reste. Où sont passés les 225 millions de budget ? Impossible à dire à la vue d'un résultat final qui manque cruellement d'épaisseur et d'un souffle épique pourtant nécessaire à ce type d'histoire. Bref, un très gros ratage comme on en voit rarement à ce niveau puisque 47 Ronin s'est directement hissé tout en haut de la liste des films les plus déficitaires de toute l'histoire du cinéma (il est second derrière Le 13ème Guerrier si on ajuste les chiffres de 1999 à l'inflation actuelle, ou premier de la liste si on prend les chiffres tel quels). Bravo !

24 avril 2014

Critique ciné express : Need For Speed

En 2011, Fast & Furious 5 dépasse les 626 millions de dollars au box-office et devient donc une franchise hautement rentable (788 millions pour Fast & Furious 6 deux ans plus tard). En 2012, les studios DreamWorks se disent qu'ils peuvent sûrement faire pareil et achètent les droits de la saga de jeux-vidéo Need For Speed à Electronic Arts. Le but : faire un maximum de profits à moindre coût. Ils embauchent donc le réalisateur Scott Waugh au CV très léger (Navy SWCC et Act Of Valor, deux films/publicités pour l'armée américaine) et un scénariste débutant nommé George Gatins (même si son frère John qui avait écrit Coach Carter ou Real Steel lui a donné un petit coup de main sur les grandes lignes de l'histoire). Côté casting, on ne va pas chercher bien loin non plus (si on excepte Micheal Keaton qui reste éternellement associé à Batman ou Beetlejuice), et on embauche donc Aaron Paul dans le rôle principal (alors qu'il avait au départ été casté pour le rôle du méchant, mais vu la popularité de la série Breaking Bad, Steven Spielberg et le réal' ont jugé qu'il serait préférable pour le film qu'il joue le gentil) et on construit des répliques de voitures de course de luxe pour les scènes d'action et de poursuites qui seront filmées en vrai et sans ajouts d'images de synthèse (volonté artistique ou économique ?). Donc au final un budget global qui culmine à 66 millions de dollars (là où les derniers Fast & Furious oscillaient entre 125 et 160 millions).


Résultat : c'est une catastrophe absolue ! Aaron Paul n'est ni bon ni crédible en gentil héros un peu ténébreux. Le méchant (Dominic Cooper, vu en Howard Stark dans Captain America : First Avenger) est encore plus fade que le gentil tandis que le personnage féminin principal (Imogen Poots, vue dans 28 Semaines Plus Tard) bat des records de ridicule et de stéréotypes. Seul Michael Keaton semble s'amuser comme un fou dans ses scènes en solo et en roue libre vu qu'il ne croise jamais aucun autre personnage du film. Pourtant, la palme du lamentable revient sans hésitation au scénario totalement incapable de nous intéresser aux personnages, à leurs motivations, aux enjeux et globalement à quoi que ce soit dans ce film. On a d'ailleurs régulièrement l'impression qu'il nous manque des infos quand il est question de certains persos ou événements à priori importants. Mais c'est normal, c'est juste (mal) écrit comme ça...


(Voilà, vous avez vu toutes les meilleures images du film !)

Il reste quoi ? Les scènes de course ? Oui, il y en a. Elles sont variées (nuit, jour, en ville, en mode tout terrain, sur une route de forêt), mais si elles ont le mérite d'être à peu près lisibles, elles ne bénéficient pas d'une mise en scène particulièrement efficace ou spectaculaire. Et vu que le scénario est incapable de nous vendre les enjeux de ces courses, on s'ennuie, et pas qu'un peu ! Bref, un film pitoyable qui est le reflet de la volonté uniquement mercantile de ses créateurs, sans compter que tout ça se prend beaucoup trop au sérieux. Une honte cinématographique qui, heureusement, a peu de chances de connaître un jour une suite vu que son box-office mondial peine à atteindre les 190 millions de dollars. Et c'est tant mieux !

Espérons que les gens qui travaillent sur le futur film Gran Turismo seront un peu plus inspirés, et viseront autre chose que juste les rentrées de cash...

23 avril 2014

24FPS 53 : Noé

Une chose est sûre, le cinéma de Darren Aronofsky ne laisse pas indifférent ! Depuis son Pi difficile à décoder, son Requiem For A Dream choc, son Batman Year One qui n'a (heureusement ?) pas vu le jour, son The Fountain un peu (trop ?) mystique, son The Wrestler bouleversant, son Black Swan troublant, et enfin son The Wolverine abandonné, il a décidé de s'attaquer au récit bien connu de Noé et de son arche remplie d'animaux.

N'attendant pas forcément grand-chose de ce type d'histoire, j'étais tout de même curieux de voir pourquoi Darren Aronofsky avait décidé de s'y attaquer, et je dois bien avouer que j'ai été agréablement surpris par le(s) point(s) de vue adopté(s) dans ce long métrage qui oscille entre interprétations littérales de la Bible, interprétations très personnelles, récit de pure fantasy ou encore critique éventuelle du comportement religieux. Bref, un joyeux mélage plutôt osé et inattendu que je tente de détailler dans ce nouvel épisode du podcast 24FPS en compagnie de Julien :


Dans la première partie sans spoiler, Julien et moi revenons donc sur les origines du texte, puis sur la carrière d'Aronofsky, et enfin sur l'historique de ce long-métrage pour lequel nous livrons notre avis en essayant de spoiler le moins possible une histoire que tout le monde est supposé connaître. Car c'est après le signal sonore que débute la seconde partie de l'émission (avec spoilers) où de nombreuses discussions ont lieu, notamment sur la signification et l'interprétation de plusieurs scènes.



Bonne écoute, et n'hésitez pas à nous donner également votre interprétation !

Pour rappel, vous pouvez vous abonner à 24FPS sur iTunes ou via RSS et retrouvez nous sur le site officiel de l'émission ou via nos comptes Facebook et Twitter.

Crédits musicaux : In The Beginning, There Was Nothing de Clint Mansell, issu de l'album Noah - Music From The Motion Picture (2014), et Let There Be Rock d'AC/DC, issu de l'album Let There Be Rock (1977)

22 avril 2014

La bande-annonce finale de X-Men Days Of Future Past en VOST (+ extrait et posters)

Déjà fin mars, X-Men Days Of Future Past se dévoilait via une bande-annonce remplie d'images inédites, et le film remet le couvert seulement un mois et demi plus tard pour une bande-annonce finale qui contient une nouvelle fois son lot de nouveautés. Et on en profite pour regarder aussi un extrait du film et des nouveaux posters, dont cette affiche allemande assez sympathique :


21 avril 2014

24FPS 52 : Her

Depuis la sortie de Dans La Peau De John Malkovich en 1999, on sait que le réalisateur Spike Jonze est largement capable de nous faire croire à des choses complètement farfelues, et il récidive avec son film Her qui ne pouvait bien sûr pas échapper au podcast 24FPS :


Et pour évoquer ce film plutôt original, Julien et moi ne sommes pas seuls puisque nous sommes rejoints par Fred du podcast Podsac. Ensemble, nous évoquons tout d'abord la carrière du réalisateur puis le casting de ce long-métrage avant de livrer notre avis (sans spoiler) dans la première partie de l'émission. Puis, après le signal sonore, nous revenons en détails sur toutes les principales scènes du film via de nombreux débats, analyses et impressions.



Bonne écoute, et n'hésitez pas à partager avec nous ce que vous avez pensé de ce film.

Retrouvez Fred sur http://www.podsac.net ainsi que sur Twitter @WildGunslinger

Pour rappel, vous pouvez vous abonner à 24FPS sur iTunes ou via RSS et retrouvez nous sur le site officiel de l'émission ou via nos comptes Facebook et Twitter.

Crédits musicaux : The Moon Song par Scarlett Johansson & Joaquin Phoenix, puis par Karen O, issus de la bande originale du film Her (2013)

11 avril 2014

24FPS 51 : Captain America - Le Soldat De l'Hiver

Le troisième film de la Phase 2 du Marvel Cinematic Universe est sorti en France le 26 mars 2014. Il s'agit de Captain America - Le Soldat De l'Hiver et si vous vous souvenez bien, j'avais déjà beaucoup aimé le premier film qui lui avait été consacré en 2011. En revanche, depuis le très bon Avengers en 2012, je dois bien dire que je commençais à me faire beaucoup de souci pour ces films Marvel dont la qualité était largement en baisse selon moi.

Iron Man 3 a été une immense déception à cause de son orientation bien trop grand public et plus assez comic-book à mon goût, et Thor - Le Monde Des Ténèbres réussissait le pari insensé d'être encore plus cheap et inintéressant que le premier film consacré au dieu d'Asgard, mais ça c'était déjà beaucoup moins surprenant...

Je continuais toutefois à placer mes espoirs en Steve Rogers car les trailers avaient l'air bien cool, et autant le dire tout de suite, je n'ai pas été déçu !


Je considère que Captain America - Le Soldat De l'Hiver vient de se hisser au niveau des meilleurs films du Marvel Cinematic Universe aux côtés des deux premiers Iron Man, du premier Captain America et bien sûr d'Avengers. Et je vous explique pourquoi dans cet épisode du podcast 24FPS découpé en deux parties.

Dans la première partie, Julien et moi revenons bien sûr sur les origines du personnage dans les comics, avant d'évoquer le film de 2011 et notre avis général sur cette suite, le tout sans spoiler (idéal si vous n'avez pas encore vu le film) :



Puis, dans la seconde partie de l'émission, nous revenons sur toutes les scènes de ce nouveau film avec toutes sortes d'explications, d'analyses et de révélations sur ce qui aurait pu vous échapper :



Pour rappel, vous pouvez vous abonner à 24FPS sur iTunes ou via RSS et retrouvez nous sur le site officiel de l'émission ou via nos comptes Facebook et Twitter.

A bientôt, et j'espère que le futur Guardians Of Galaxy continuera de me réconcilier avec Marvel au cinéma !

3 avril 2014

9 trailers dévoilés récemment à voir absolument !

Ouais, j'ai pris pas mal de retard dans la publications de toutes les bande-annonces qui ont été révélées ces derniers temps, alors pourquoi ne pas se faire une bonne séance de rattrapage et tout balancer d'un coup ?

Et on ouvre le bal avec Godzilla qui a toujours cette superbe ambiance de film catastrophe dans cette vidéo qui laisse brièvement présager que le lézard ne sera peut-être pas la seule créature géante du film. Sortie française le 14 mai 2014.



Je reste un indécrottable fan d'Arnold Schwarzenegger et son prochain film Sabotage (dont le scénario est inspiré des 10 Petits Nègres) provoque encore une certaine excitation chez moi, même si le film est en train de complètement se vautrer au Etats-Unis. Sortie française le 7 mai 2014.



En revanche, il est clair que je n'attends pas du tout The Amazing Spider-Man - Le Destin d'Un Héros avec ses images de synthèse ultra visibles, son Peter Parker à l'humour catastrophique et ses innombrables méchants. Mais j'irai tout de même me faire du mal lors de sa sortie en salles françaises le 30 avril 2014.



Dwayne (The Rock) Johnson dans la peau du légendaire Hercule ? Je dis pourquoi pas... Mais c'est Brett Ratner (X-Men 3) qui réalise, alors du coup ça fait moins rêver. D'autant plus que le personnage mythique a déjà eu droit à un gros nanard au ciné cette année. Bref, sortie française le 6 aout 2014.



Un croisement entre Un Jour Sans Fin et Starship Troopers, ça vous branche ? C'est exactement la promesse de Edge Of Tomorrow et c'est un des films que j'attends le plus ces prochains temps. Ça pourrait bien être la grosse claque SF de l'année par le réalisateur des deux épisodes de la saga Jason Bourne et de Mr & Mrs Smith. Sortie française le 28 mai 2014.



Je vous avais déjà parlé de Jupiter Ascending ici et ce nouveau projet des Wachowski n'en finit pas d'attiser ma curiosité avec sa nouvelle bande-annonce. Sortie française le 23 juillet 2014.



Les Tortues Ninja vont revenir au cinéma sous la direction du très mauvais réalisateur Jonathan Liebesman (Massacre À La Tronçonneuse - Le Commencement, World Invasion - Battle Los Angeles, La Colère Des Titans). Mais vu que c'est Michael Bay qui produit, forcément ça ressemble surtout à du Michael Bay (Transformers) ! Sortie française théorique le 15 octobre 2014... Pourquoi théorique ? Parce-que le film vient juste de retourner en tournage, 8 mois après la fin du tournage d'origine, et il semblerait que près d'un tiers du film soit actuellement retourné par Michael Bay lui-même. Ça ne laisse pas vraiment présager du meilleur, mais en même temps, vu les personnes impliquées, personne ne s'attend à un grand film je suppose.



On continue avec Transcendance qui va tenter de nous montrer qu'un ordinateur doté d'une conscience humaine pourrait bien représenter un grand danger (sans déconner ?) et que Johnny Depp est peut-être encore capable de jouer autre chose qu'un ahuri qui remue tout le temps les mains devant lui. Sortie française le 4 juin 2014. Et j'espère que ce sera à la hauteur des attentes :



Et on finit avec Lucy, le nouveau projet de type super-héros/SF concocté par Luc Besson. Oui je sais, à moi non-plus ça ne me donne pas vraiment envie, mais bon, y a Scarlett Johansson dedans alors on fera tous bien semblant de s'intéresser au fond du scénario. Sortie française le 6 aout 2014.