3 février 2014

Festival de Gérardmer 2014 - Jour 5 (+ palmarès)

Heureusement, la pluie s'est calmée et c'est sous la brume que débute la dernière journée de la compétition en compagnie des lève-tôt déterminés à braver la fatigue de la soirée de samedi :


Et la compétition se termine donc avec le très attendu The Sacrament produit par Eli Roth (Cabin Fever, Hostel, Hostel Part II, The Green Inferno) et réalisé par Ti West (The Roost, The House Of The Devil et des segments de The ABCs Of Death et V/H/S) :


On suit dans ce film de type "found-footage" (il en fallait bien un !) le voyage dans un pays indéterminé de trois journalistes partis récupérer la sœur de l'un d'eux au sein d'une communauté religieuse ayant complètement coupé les ponts avec les Etats-Unis. Si tout semble normal à première vue, les événements vont bien entendu se précipiter pour se terminer de manière tragique. Mais le problème avec ce film qui s'inspire d'une histoire réelle (le massacre de Jonestown en 1978), c'est qu'il ne s'agit en aucun cas d'un film d'horreur ou d'un film fantastique !!! Cela s'apparente plutôt à une reconstitution violente d'un fait divers, mais on reste bien en dessous d'un film d'horreur moyen en termes visuels. Donc si le film en lui-même est assez correct, je m'interroge tout de même assez sérieusement sur sa présence au sein d'un festival du film fantastique, et encore plus au sein de la compétition officielle de celui-ci...

Un petit tour par la conférence donnée dans le cadre des Rencontres Du Fantastique ayant pour sujet la musique dans les films de genre (avec des explications et des témoignages très intéressants sur les difficultés du travail entre compositeur et réalisateur d'un film), et il est temps de découvrir le palmarès annoncé lors de la cérémonie de clôture :

Prix du Jury Court-Métrages : The Voice Thief de Adan Jodorowski
Même si le film était assez étrange et réussi visuellement pour mériter un prix, j'avoue être très surpris qu'on n'ait pas préféré privilégier de jeunes réalisateurs inconnus qui ont certainement eu bien plus de mal à monter leur projet, pour des résultats parfois sublimes !

Prix du Jury Jeunes de Lorraine : The Babadook de Jennifer Kent
Un film correct et capable de procurer quelques frissons, mais qui souffre de longueurs et d'un léger manque d'explications. Mais ce n'est pas très surprenant qu'il soit primé vu sa ressemblance avec Mama primé l'année précédente.

Prix du Jury SyFy : The Sacrament de Ti West
Décidément, SyFy ne mérite pas son nom, et ce docu-fiction n'a obtenu cette place dans le festival que grâce à la notoriété de son producteur et de son réalisateur dans le cinéma d'horreur. Mais ça n'en fait pas un film d'horreur pour autant !

Prix de la Critique : The Babadook de Jennifer Kent

Prix du Public : The Babadook de Jennifer Kent

Prix du Jury Long-Métrages : The Babadook de Jennifer Kent et Rigor Mortis de Juno Mak
Pas très étonnant que Rigor Mortis ait remporté un prix vu sa richesse visuelle. Mais son manque de rythme et de clarté le rendront imperméable à beaucoup de monde, surtout pour un public occidental qui aura bien du mal à déceler toutes les références au films de vampires chinois des années 80 auxquels le réalisateur a voulu rendre hommage.

Grand Prix : Miss Zombie de Sabu
Alors là c'est du grand n'importe-quoi ! D'accord, c'était de loin le film le plus conceptuel de la sélection, mais qui voudra voir cette fresque familiale peu crédible (même dans un monde avec des zombies) portée par des acteurs minables (la mère de famille qui déclenche l'hilarité générale dans la salle alors qu'elle est censée transmettre un sentiment de désespoir total, un comble !) et des scènes qui finissent par devenir énervantes à force de se répéter à l'infini ?

Vraiment, la sélection de cette édition 2014 était plus que décevante (surtout quand elle contenait des films qui n'avaient rien à voir avec le fantastique) et le palmarès final traduit bien cette médiocrité générale (il fallait bien récompenser quelque-chose alors autant donner la récompense suprême à l'OVNI de la sélection si je comprends bien). Personnellement je retiens plutôt le film d'ouverture Mindscape (hors-compétition) qui était bien sombre et complexe, The Last Days On Mars qui était certes un produit hyper-formaté mais qui au moins ne provoquait pas l'ennui, et enfin certains court-métrages qui traduisaient une véritable démarche artistique et un talent visuel dont le Grand Prix (qui justement aurait été nettement moins chiant s'il avait été un court-métrage) était dénué.

Vivement l'année prochaine ? Pas sûr... D'autant que les conditions d'accès aux salles étaient cette année particulièrement difficiles pour ceux qui étaient là pour travailler (mais aussi pour le public) en raison d'un nouveau système de priorités d'accès qui manquait sérieusement de bon sens. De plus, la sélection des films est toujours loin d'être à la hauteur des attentes, ce qui ne cesse de conforter les détracteurs de ce festival.

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