1 février 2013

Gérardmer 2013 - Jour 2

Quoi de mieux pour débuter la première vraie journée du Festival du Film Fantastique de Gérardmer que de constater que les pluies diluviennes de la veille ont disparu ! Bon, c'est pas comme si c'était vraiment important quand on est enfermé dans une salle de ciné mais c'est tout de même plus agréable quand on fait la queue.

(En revanche, qu'est-ce qu'il y a comme vent !)

Trêve de point météo, la journée débute par un documentaire centré sur l'un des styles majeurs du cinéma d'horreur avec "Slice And Dice : The Slasher Film Forever". Des réalisateurs, scénaristes et acteurs du genre reviennent tout d'abord sur l'historique de ce style populaire en commençant bien évidemment par le Psychose de Hitchcock suivi des références que sont "Massacre À La Tronçonneuse", "Halloween", "Vendredi 13" et "Les Griffes De La Nuit", avant de s'attarder sur "Scream" qui a su transcender les codes d'un genre que l'on croyait moribond, pour terminer sur le manque de renouvellement qui a engendré une horreur bien plus visuelle récemment comme avec la saga "Saw". La seconde partie du docu revient sur les codes du slasher, un passage un peu redondant puisqu'ils sont bien connus et que tous les intervenants citent plus ou moins les mêmes.


On revient ensuite sur les effets gores qui ont tant popularisé certains de ces films, puis sur la place des jeunes filles souvent tendance à se dénuder mais aussi à survivre à la fin des films (pour quelques-unes d'entre-elles en tout cas), avant de disserter sur les tueurs eux-mêmes (et leurs inévitables masques et armes de prédilection) pour finir sur une réflexion sur le futur du slasher qui a bien du mal à se sortir de la spirale actuelle des suites et des remakes. Un documentaire qui n'apprendra pas grand-chose aux plus grands amateurs du genre mais qui a le mérite de comporter quelques remarques intéressantes et surtout des tonnes d'extraits plus gores et sanglants les uns que les autres !

On continue avec "La Maison Au Bout De La Rue" (qui sortira en DVD/Blu-Ray en France le 20 février 2013). Heureusement que l'une des plus jolies jeunes actrices actuelles (Jennifer Lawrence, vue dans "X-Men Le Commencement", "Hunger Games" et "Happiness Therapy") joue dedans car il n'y a pas grand-chose d'autre à se mettre sous la dent dans cette histoire qui débute de façon très classique avec une jolie jeune fille et sa mère qui emménagent dans un quartier tranquille où une famille a été massacrée. OK on apprend vite que le voisin sympa est un gros enfoiré et que le seul survivant du massacre dont tout le monde de méfie est finalement plutôt cool, sans compter divers secrets révélés et rebondissements qui interviennent tout au long du film, mais le problème vient du fait que tout ça est soit trop téléphoné, soit trop tiré par les cheveux. Jamais de juste milieu ! En plus de ça on a droit à des effets de réalisation très fatigants comme des flashs lumineux, des ralentis/accélérés et des caméras parkinsoniènes durant les scènes les plus stressantes. Non vraiment, on ne retiendra que Jennifer Lawrence, son (très) petit débardeur et le sens de la repartie de son personnage qui permet de sourire lors de quelques dialogues piquants. Le reste n'est que cliché et ne satisfera que le public qui sursaute facilement (même quand on le voit venir de loin).


On enchaine avec un film philippin en compétition : "Remington And The Curse Of The Zombadings". Une vraie curiosité car il est ici question d'un jeune homme un peu macho victime d'une malédiction qui le transforme peu à peu en grande folle parce-qu'il se moquait des gays travestis de sa ville quand il était petit. Des gays travestis qui sont d'ailleurs victimes d'un mystérieux serial killer... Original non ? Sauf qu'il s'agit avant tout d'une comédie romantique poussive avec seulement quelques éléments de surnaturel, de science-fiction à deux balles et de zombies (un bien curieux mélange). On rit de temps à autre, notamment grâce aux quiproquos gênants et au double jeu de l'acteur principal, mais l'ensemble ne vole pas bien haut et frise parfois l'homophobie tant les gags sont caricaturaux et lourdingues...


Après quelques mots pour rendre hommage au réalisateur mexicain Carlos Enrique Taboada (dont quatre films sont projetés pendant le festival) c'est maintenant le moment de voir l'un des films événements de cette 20ème édition de Fantastic'Arts avec "The Bay" de Barry Levinson ("Good Morning Vietnam", "Rain Man", "Sleepers", "Sphere", "Bandits") qui ne sortira en France qu'au mois de juin 2013. On est ici face à un habile mélange de divers genres comme le film catastrophe, le film d'épidémie, le "found footage" (mêlant images d'archives et documents amateurs), ou encore le film de complot. Et c'est une excellente surprise car le procédé de montage utilisé (qui évite les écueils classiques du genre) est immersif à souhait et dégage un tel sentiment de réalisme qu'on ne peut que se sentir mal à l'aise et réticent à aller mettre les pieds dans l'eau (car c'est par là que l'épidémie arrive dans cette paisible bourgade du Maryland). On frissonne devant la panique qui ravage la population, on sursaute devant le quotidien qui tourne à la violence incontrolable et on est dégoûtés devant quelques scènes très crues ! Barry Levinson a trouvé là l'un des moyens les plus extrêmes de faire passer un message écologique et "The Bay" est le premier véritable choc du festival et à priori une valeur sûre du palmarès final !


Pour finir la journée : séance détente avec "Les Trailers de La Peur", une compilation de 50 ans de bande-annonces de films fantastiques et d'horreur en 35 mm. Du plus effrayant au plus ridicule, du teasing maitrisé à l'hilarité la plus incontrolable, du plus gros nanar aux films cultes ("Terminator", "Jack Burton Dans Les Griffes Du Mandarin", "S.O.S. Fantômes", "The Thing", "Highlander", "Tron", "Terminator 2") cette projection spécialement sélectionnée pour le 20ème anniversaire de festival a fait le bonheur des quelques amateurs de cinéma fantastique (et de bande-annonces) qui avaient fait le déplacement. Espérons que la seconde séance connaitra un peu plus de succès car ces bobines en 35 mm ont un charme (incluant l'interruption de séance à cause du film qui casse) et un grain qui ont disparu avec les projections numériques !

1 commentaire:

wildgunslinger a dit…

ça me donne bien envie de voir The bay! Pour le reste, je passe mon chemin, même si je ferai quand même le crochet par Jennifer Lawrence.