7 février 2012

Critique ciné : Underworld - Nouvelle Ère

Le premier "Underworld" (2003) de Len Wiseman est certainement l'un des rares films post-"Matrix" ayant su tirer son épingle du jeu grâce à son mélange subtil du côté visuel initié par les frères (et sœurs) Wachowski associé avec une relative modernisation du mythe séculaire de la guerre entre les vampires et les loups-garous. Mais soyons honnêtes, le succès du film était davantage dû à la plastique de Kate Beckinsale qu'à l'originalité de la mise en scène ou du scénario...
Une inévitable suite nommée "Underworld 2 - Evolution" (2006) a donc vu le jour et a permis de constater que le point fort de la série était effectivement l'action au détriment de la cohérence du scénario.

Le couple Wiseman/Beckinsale connut pourtant un certain succès à Hollywood puisque le premier se chargea de la mise en scène du pitoyable "Die Hard 4" tandis que sa femme tenait l'un des rôles principaux du tout aussi lamentable "Van Helsing", deux films qui ont pour point commun d'avoir connu un certain succès malgré des critiques négatives quasi-unanimes !

La saga "Underworld" continua d'ailleurs sa carrière sans eux puisque le 3ème film nommé "Underworld 3 - Le Soulèvement Des Lycans" (2009) n'était plus réalisé par Len Wiseman (qui se contentait d'être à l'origine du scénario) tandis que le personnage de Kate Beckinsale n'y apparaissait que par le biais de flashbacks (ou plutôt de flashforwards pour être précis) qui étaient en fait des scènes piquées au premier film.

Bref, on n'attendait pas vraiment un nouveau "Underworld" au ciné, mais la (faible) carrière de Kate Beckinsale n'ayant finalement jamais réussi à se différencier de cette saga, il n'est pas si surprenant de la voir renfiler la tenue qui l'a rendue célèbre, histoire d'essayer de faire pleuvoir le fric comme au bon vieux temps. Mais est-ce une saine motivation pour proposer un nouvel épisode (encore une fois écrit mais non-réalisé par Len Wiseman) à une saga qu'on croyait morte ?



L'histoire : les humains sont désormais au courant de l'existence des vampires et des lycans et un système d'extermination systématique a été mis en place. Sélène et Michael Corvin sont toujours en vadrouille mais cette nouvelle menace s'avère bien plus dangereuse que les conflits passés. Après avoir été capturée par un laboratoire pharmaceutique, Sélène va pourtant découvrir que la hache de guerre est loin d'être enterrée entre les deux factions ennemies...

La première chose qui choque dès les toutes premières minutes de la projection en 3D, c'est que l'ensemble est bien trop sombre pour qu'on puisse appréhender correctement les scènes d'action. Et de l'action, il y en a à gogo ! Peut-être même trop... Mais quoi qu'il en soit, l'obscurité générale (accentuée par le port des lunettes 3D) ne lui font pas honneur. Quelques effets 3D sympathiques peuvent être relevés ici et là, mais dans l'ensemble (et comme d'habitude) elle s'avère la plupart du temps inutile, surtout avec des scènes d'action qui se déroulent généralement dans des lieux exigus...

L'action est donc quasi-omniprésente tout au long du métrage, du tout début à la toute fin. A certains moments, on en est presque à une nouvelle scène toutes les 5 minutes, sans que l'histoire puisse prendre le temps d'évoluer d'ailleurs ! Si ça n'est pas trop gênant dans les toutes premières minutes du film, ça le devient beaucoup plus par la suite et si on fait le bilan en fin de visionnage, il n'y a finalement qu'une seule scène dans tout le film où les personnages prennent vraiment le temps de se poser pour discuter de la situation. La raison se trouve peut-être dans le fait que le scénario n'a pas grand-chose à dire, car si l'histoire des deux premiers films ne tenait pas toujours la route, elle avait au moins le mérite de tenir en haleine le spectateur, ce qui est loin d'être le cas ici tant on s'éloigne du concept original et de ses accents gothiques qui faisaient l'originalité de la série. Tout n'est que prétexte à la scène d'action suivante et en y réfléchissant bien, il serait possible de raconter tout le film en moins de 5 minutes... On ne prend même pas le temps de nous parler des tenants et des aboutissants des nouveaux protagonistes !

(Sélène, Sélène, Sélène, encore et toujours Sélène et finalement aucun autre personnage intéressant !)

Car contrairement au second et au troisième film qui ne faisaient que recycler des personnages déjà vus ou évoqués, ce nouveau métrage a pas mal de nouveaux protagonistes à proposer. Malheureusement, ils s'avèrent tous aussi caricaturaux qu'anecdotiques et ne font que ralentir le rythme entre deux scènes d'actions, en plus d'être pour la plupart lisses et très peu crédibles. L'un des nouveaux personnages est pourtant le centre de toutes les attentions, mais son apport à la saga est tellement inintéressant (voire ridicule par moments) qu'on sombre dans un ennui profond que des scènes d'action trop répétitives ont du mal à interrompre. Les nouveaux méchants ne sortent évidemment pas du lot et se contentent du minimum syndical face à une Sélène qu'on ne sent de toute façon jamais en grand danger.

Le côté sanglant (et presque même gore) semble toutefois un peu plus présent que dans les films précédents, et quelques images surprenantes viendront parfois réveiller le spectateur (surtout dans les scènes finales). Quelques twists scénaristiques sont également présents, mais ils sont tellement tirés par les cheveux qu'on n'y prête finalement pas grande importance. Kate Beckinsale porte ici plus que jamais la saga "Underworld" sur ses épaules, mais son manque de charisme et la répétitivité de ses mimiques étaient déjà évidents dès le second film, alors ici...

Au fait, il y a quelques beaux spoilers dans la bande-annonce, c'est dire à quel point le scénario est important :



On s'ennuie ferme dans ce "Underworld - Nouvelle Ère" qui n'a finalement rien d'autre à proposer qu'une succession de scènes d'action qui finissent par lasser à cause du manque évident d'enjeu du scénario. Comme on pouvait le présager, ce film ressemble énormément à la saga cinématographique "Resident Evil" dont chaque épisode a pour seul but de mettre une héroïne invincible face à un scénario bâclé qui voit se succéder des compagnons anecdotiques et des ennemis bien fades (oui, oui, même le loup-garou géant n'a aucun intérêt !). On a d'ailleurs droit à une chanson du groupe Evanescence pendant le générique de fin, histoire d'essayer de rappeler le succès du premier film, mais rien n'y fait ! Heureusement que tout ça ne dure qu'1h30, et avec un peu de chance il devrait s'agir du dernier film de la saga...

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Petite question, le " on " que tu emploies, est-ce TOI ou TOI et d'autres personnes ?
Si cet avis est le tien, dis simplement " je " .

Draven a dit…

Hello !

Merci pour ton commentaire !

En fait, j'utilise le "on" dans mes critiques (et souvent dans mes articles en général) car il me semble que c'est la coutume pour ce type d'écrits (même lorsqu'ils sont rédigés par des professionnels).

Mais il est évident que mes critiques ne reflètent que mon avis personnel. Je ne tente en aucun cas de dire que m perception devrait être la même que celle de tout le monde. Il n'y a d'ailleurs rien de plus subjectif qu'une critique !

En espérant que cela ne te gêne pas dans la lecture des mes futurs articles...

A+

Draven

Justyna a dit…

Bonsoir !

Je te remercie de m'avoir répondu et c'est vrai, tu as raison. J'y ai pensé après coup.

Non j'y penserai ^__^

A+