29 novembre 2011

Critique ciné : Time Out

Ayant beaucoup aimé le superbe "Bienvenue A Gattaca" (1997) écrit et réalisé par Andrew Niccol, je ne pouvais manquer la nouvelle œuvre de science-fiction à nouveau écrite et réalisée par le même homme !

D'autant plus qu'il y a Cillian Murphy ("28 Jours Plus Tard", "Batman Begins", "Sunshine""Inception") et Olivia Wilde ("Dr. House", "Tron : L'Héritage", "Cowboys & Aliens") qui figurent au générique ! Ah ouais et il y a aussi Justin Timberlake... bon pas grave il était plutôt convaincant dans "The Social Network". Par contre, Amanda Seyfried : connais pas ! Mais ça doit être parce-que je n'ai pas vu "Le Chaperon Rouge" sorti il y a quelques mois...

Et avant de passer au vif du sujet, je tiens une fois encore à clamer toute l'admiration que je porte aux gens qui adaptent les titres des films étrangers pour leur distribution en France. Donc cette fois le titre original était "In Time" avant de devenir "Time Out" chez nous ! Bravo, ça valait vraiment la peine de le changer (sans parler du fait que la signification du titre se retrouve inversée) ! Je ne comprendrai jamais cette incroyable connerie qui consiste à changer un titre anglais pour le remplacer par un autre titre anglais (parfois plus long que l'original)...


L'histoire : dans le monde où vit Will Salas (Justin Timberlake), les gens arrêtent de vieillir à l'âge de 25 ans. Dès que cet âge est atteint, un décompte situé sur leur avant-bras se met en route et leur laisse un an à vivre. Mais il est possible d'augmenter ce compteur en travaillant ou en effectuant des transactions, tandis que chaque dépense de la vie quotidienne coûte du temps. Lorsque le compteur atteint zéro : on meurt. Et comme la seule monnaie ayant cours est le temps, les plus riches ne meurent jamais...

Dès les premières minutes du film, on sent l'énorme potentiel du concept "le temps c'est de l'argent" et on réalise à quel point diverses expressions de la vie quotidienne comme "tu as une minute ?" prennent tout leur sens, surtout pour les plus démunis...
Il en va ainsi pendant toute la première demi-heure du film, où l'on découvre (parfois avec effroi) les avantages mais surtout les limites d'un tel système tandis que les événements se précipitent autour de Will Salas.

Esthétiquement, un monde où tout le monde est âgé de 25 ans et où les filles (toutes canon !) se baladent en permanence dans des tenues assez courtes et sexy est plutôt agréable à regarder. Et on retrouve un design rétro-futuriste similaire (mais pas identique) à celui qu'Andrew Niccol avait proposé dans "Bienvenue A Gattaca", notamment en ce qui concerne les véhicules... L'ambiance des quartiers riches et le côté froid et méthodique des policiers (ici : les gardiens du temps) ne sont pas sans rappeler le design et les personnages des Ecclesiastes d'"Equilibrium" (2002), un excellent film d'anticipation qui avait trop souffert d'une comparaison exagérée avec "Matrix" à l'époque de sa sortie en salles.


Malheureusement, le concept commence à s'essouffler vers la moitié du film et à mesure que l'on s'approche de la fin, on se rend compte que l'on a affaire à un polar très banal dont le principal intérêt n'est que le cadre dans lequel il se déroule. Quelques petites scènes d'actions correctes (à défaut d'être palpitantes) ponctuent régulièrement le déroulement de l'histoire, mais rien n'y fait : on ne retrouve jamais la tension et la profondeur qui étaient palpables en début de métrage ! Quel dommage...

Tous les personnages sont interprétés avec brio mais il leur manque à chacun un petit plus qui ferait en sorte qu'on s'attache vraiment à eux et qu'on s'inquiète de leur sort. C'est même plutôt le contraire : plus le film avance, plus on s'en balance ! Le manque d'ambition du scénario et des personnages devient de plus en plus flagrant et finit par peser sur le film à partir du moment où le concept de départ n'a plus de réelle surprise à offrir au spectateur...

Néanmoins, Andrew Niccol réussit une nouvelle fois à dénoncer les limites d'une société lisse et parfaite en apparence à travers un sujet qui fait fortement écho aux crises économiques qui traversent actuellement le monde. Il est en revanche fort regrettable que le résultat final soit bien moins convaincant et poignant qu'il ne l'était dans "Bienvenue A Gattaca".

Un dernier mot au sujet des effets spéciaux : ceux-ci sont relativement peu présents dans le film mais le meilleur (les décomptes sur le bras) côtoie malheureusement le pire (un crash en voiture particulièrement raté et peu crédible).



On ne peut que regretter le manque d'ampleur du scénario de "Time Out" tant son concept était prometteur ! Sans être un grand film, il se laisse tout de même regarder grâce à des acteurs très justes (difficile de ne pas se laisser happer par le regard papillonnant d'Amanda Seyfried) et une esthétique minimaliste mais réussie. Mais il est indéniable qu'on attendait beaucoup plus de cette réalisation et de son concept !

PS : Vous avez remarqué que je n'ai pas dit un mot au sujet de "Lord Of War" avec Nicolas Cage (2005) également écrit et réalisé par Andrew Niccol ? C'est simplement parce-que je ne l'ai pas encore vu et que j'en ai honte...

2 commentaires:

Marv a dit…

Vois Lord of War !

Quant à moi je verrai bientôt Time Out au ciné... :)

RzL#88 a dit…

Lord ov War est plutôt sympa mais pas aussi exceptionnel que le dise certain. Quand à Time Out, je te rejoins quelque peu, un film sympa mais le concept n'a pas été assez exploité. Et effectivement, le crash de la décapotable est absolument risible et peu crédible.