27 août 2011

Mon hommage perso à la carrière de Steve Jobs...


Pour être honnête, je suis plutôt un admirateur de Steve Jobs, sans toutefois le considérer comme un Dieu descendu sur Terre pour nous fournir tous les objets indispensables à la vie quotidienne auxquels nous n'aurions jamais pensé. Je ne fais pas partie de tous ces "fanboys" d'Apple qui défendent la compagnie bec et ongles (et parfois en dépit du bons sens) depuis que l'iPhone est devenu l'accessoire le plus en vue de ce début de XXIème siècle...

Mais Apple est entré dans ma vie en 1989 (j'avais 10 ans si vous voulez tout savoir), lorsque mon père a acheté ce qui fut notre premier ordinateur individuel familial : un Macintosh SE/30 équipé d'un processeur cadencé à 16 MHz, d'un disque dur de 40 Mo, d'une RAM de 1 Mo, d'un incroyable écran noir & blanc de 9" et tournant sous le système Mac OS 6.0.3

(le SE/30, symbole du début de ma vie informatique)

Et aujourd'hui, un peu plus de 20 ans plus tard, et surtout 20 ordinateurs Macintosh plus tard (à titre familial, puis professionnel, puis personnel), du Centris 610 de 1993 (la boite à pizza) avec son lecteur CD-ROM externe (vitesse 1x) à l'iMac quadri-core i3 de 2010, en passant par divers appareils comme les portables PowerBook (à écran noir et blanc), iBook puis MacBook, les Performa, les incontournables iMac multicolores puis G5 puis Intel et diverses générations de Mac Mini, c'est forcément une page qui se tourne avec le départ de Steve Jobs de la direction d'Apple (même s'il reste président du conseil d'administration) à cause d'évidentes raisons de santé (un cancer du pancréas qui le ronge depuis 2004).


Mais je n'ai pas (encore) l'intention de rédiger sa nécrologie, et encore moins l'intention de raconter les mêmes conneries que ce que j'ai pu entendre à la radio et à la TV depuis qu'il a officialisé sa démission de la présidence d'Apple le 25 août 2011. Tout ce que je veux dire, c'est le respect que j'éprouve envers cet homme qui a mis toute son énergie à imaginer, fabriquer et vendre sa vision de la micro-informatique personnelle pendant 35 ans !

Voici ce que je retiens du parcours de Steve Jobs :

- 1976 (le 1er avril) : Il co-fonde Apple dans son garage familial et y construit l'un des premiers micro-ordinateurs individuels vraiment performant : l'Apple I (alors qu'IBM considère alors que la micro-informatique individuelle n'a aucun avenir).

- 1983 : Il lance l'ordinateur Lisa qui est le premier ordinateur individuel à posséder une interface graphique et une souris (des idées piquées à Xerox qui considérait que ces concepts n'avaient aucun avenir).

- 1984 : Il lance son ordinateur individuel le plus abouti (pour l'époque) : le Macintosh ! Avec pour support une publicité inoubliable (qui n'a été diffusée qu'une seule fois à la TV) réalisée par Ridley Scott et qui s'attaque clairement au conformisme et au côté vieillot de firmes comme IBM.

- 1985 : Il se fait virer comme une merde d'Apple à cause de son caractère anticonformiste, imprévisible et parfois anti-commercial.

- 1986-1996 : Il fonde la société d'informatique NeXT (dont le système d'exploitation servira plus tard de base à Mac OS X en 2001) et il rachète le studio d'animation Pixar (racheté en 2006 par Disney).

- 1997 : Apple est au bord de la faillite et après le rachat de la société NeXT en 1996, Steve Jobs revient à la tête de la société. Il fait le ménage au niveau des dirigeants et de la gamme des appareils, et il surprend tout le monde en faisant appel à Microsoft pour injecter des fonds et éviter la banqueroute.

- 1998 : Il lance l'iMac et l'ordinateur individuel devient pour la première fois coloré et design. Apple est sauvée de la faillite.

- 2002 : Il lance le premier iPod alors que le secteur des lecteurs mp3 n'est qu'un marché de niche à l'époque.

- 2003 : Il créé l'iTunes Store alors que les grands acteurs du secteur considèrent que la vente de musique en ligne n'a aucun avenir. Il est aujourd'hui le plus gros vendeur au monde de musique dématérialisée.

- 2007 : Il lance l'iPhone alors que tout le monde se demande ce qu'Apple va bien pouvoir faire face aux grands constructeurs de téléphone. Aujourd'hui, la plupart des smartphones s'inspirent de l'iPhone et l'annonce de chaque nouveau modèle est attendue avec impatience par le grand public et les médias.

- 2010 : Il lance l'iPad et c'est une nouvelle fois un énorme succès. Jusqu'ici, tous les autres fabricants qui ont essayé de se lancer sur le marché des tablettes tactiles s'y sont cassés les dents et ont dû revoir leurs prévisions de vente à la baisse ou même stopper la fabrication de leurs appareils.


Voilà en gros ce que je retiens de la carrière de Steve Jobs : un homme qui s'est toujours moqué des grands courants du moment et qui n'a jamais hésité à se lancer dans des marchés auxquels personne ne croyait. Sans en être forcément l'inventeur, il a toutefois révolutionné les marchés des ordinateurs individuels, des lecteurs mp3, des smartphones et des tablettes tactiles, ce qui n'est pas rien quand on regarde quels sont les terminaux informatiques dont on se sert le plus aujourd'hui.

Il a aussi connu des échecs dans sa carrière, il serait bête de l'occulter, notamment avec le Power Mac Cube en 2000 (qui a ensuite fortement inspiré la gamme Mac Mini), le Newton (lancé en 1993 avant le retour de Steve Jobs mais stoppé en 1998) qui a pourtant été le précurseur de la mode des PDA dans les années 2000, sans oublier la récente Apple TV qui est trop limitée dans ses fonctions pour arriver à s'imposer sur ce marché.

Nota : Apple a connu d'autres échecs notables comme l'appareil photo QuickTake (1994-1997) qui était l'un des tous premiers appareils photo numériques à destination du grand public, ou la console de jeux vidéo Pippin (1996) qui n'arriva jamais à se faire une place aux côtés de la Nintendo64, la Saturn et la PlayStation. Mais ces échecs ne concernent pas la période où Steve Jobs était aux commandes d'Apple.

Donc Steve Jobs est peut-être un despote qui n'hésite pas à engueuler copieusement ses employés et dont les déclarations parfois un peu sèches à l'égard de ses clients ont souvent déplu, il n'en reste pas moins un visionnaire anticonformiste pour lequel j'ai un grand respect.
Et ne nous faisons pas d'illusions, car vu son caractère, si il quitte aujourd'hui son poste à la tête d'Apple c'est que sa santé est vraiment au plus bas. Je me vois donc mal lui souhaiter de bien profiter de sa retraite bien méritée mais en tout cas j'ai toute confiance en son successeur Tim Cook (qui est aux côtés de Steve Jobs depuis 1998) qui va certainement continuer à diriger Apple de bien belle manière dans le futur.

Finalement, la plus grande victoire de Steve Jobs est peut-être d'avoir fait en sorte que ceux qui se foutaient de ma gueule dans les années 90 en critiquant Macintosh à tout va sont peut-être aujourd'hui ceux qui se jettent sur chaque nouvel iPhone et demandent des conseils pour s'acheter un Mac...

Merci pour tout Steve !

Et si vous croyez connaître Steve Jobs, je vous invite fortement à regarder le film "Les Pirates De La Silicon Valley" (1999) qui raconte les débuts de Steve Jobs (interprété par Noah Wyle surtout connu pour la série "Urgences") et la création d'Apple jusqu'à son éviction en 1985. La version française de ce film n'existe pas en VHS ou DVD et devrait également surprendre ceux qui croient connaître Bill Gates, le PDG historique de Microsoft :

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