1 avril 2011

Critique ciné : Sucker Punch

L'une de mes plus grosses attentes cinématographiques de l'année est enfin arrivée, et après un "Tron : Legacy" qui m'avait permis de révéler au monde mon attrait pour les tenues moulantes en latex, c'est au tour du fantasme des tenues d'écolières et/ou des porte-jarretelles d'envahir les écrans dans "Sucker Punch" de Zack Snyder. Le talentueux réalisateur s'attaque ici pour la première fois également au scénario de son film avec un univers imaginaire riche et varié et où l'action est à la fois omniprésente et très impressionnante.

Alors, promesses tenues ou simple démonstration de force abrutissante à la Michael Bay ("Transformers") ?

(on voit mieux les porte-jarretelles ici que sur l'affiche française, comment se fait-ce ?)

Nous sommes donc les spectateurs des aventures de 5 jeunes filles désireuses de s'échapper de l'institution psychiatrique qui les retient prisonnières. Mais plutôt que de les voir déambuler au sein de l'asile, chacun de leurs agissements sera transposé dans un univers imaginaire qui symbolisera leur quête du moment.


A la tête de cette bande de filles, on trouve la bien-nommée Baby Doll qui, sous ses airs de poupée fragile (qui énerve un peu par moments), cache une volonté d'acier et des capacités physiques impressionnantes (même si celles-ci s'expriment essentiellement dans des mondes imaginaires). A ses côtés, les belles Sweet Pea, Rocket, Amber et Blondie font presque pâle figure (encore que, ça dépend lesquelles) mais elles savent se révéler indispensables à leurs postes respectifs.


Ce qui frappe tout de suite dans "Sucker Punch" même si c'est habituel chez Zack Snyder, ce sont les grains d'image et les différents filtres appliqués qui différencient nettement les univers. Tout comme dans "300" du même réalisateur, quasiment aucun des décors extérieurs n'est réel et cela amène une luminosité particulière et artificielle que les détracteurs du film sur les vaillants spartiates vont à nouveau détester ici. Mais dans l'ensemble, les effets spéciaux sont très convaincants et bien intégrés et les nombreuses scènes d'action restent toujours lisibles malgré la taille de certains lieux et le nombre de protagonistes présents à l'écran.

Les décors, qu'ils soient réels (asile, cabaret) ou non (à peu près tout le reste) ont bénéficié d'un grand souci du détail et rien n'est "cheap", tout comme les costumes qui en disent souvent beaucoup sur les personnages qui les portent.

Mais venons-en au point qui fait débat et à cause duquel Zack Snyder est en train de se faire démolir dans pas mal de critiques : le scénario ! Certes, ce n'est pas ce qu'on retiendra le plus, mais il faut garder à l'esprit que l'histoire sert surtout ici de prétexte à la mise en scène d'épisodes plus épiques les uns que les autres. On est pourtant loin de la catastrophe dénoncée par beaucoup de critiques et le déroulement des évènements devrait tout de même tenir en haleine tous ceux qui ne se prendront pas trop la tête et viendront profiter du spectacle qui leur est proposé.


Car oui, "Sucker Punch" est avant-tout un grand spectacle de haute volée ! C'est exactement ce que je m'attendais à voir, et c'est exactement ce que j'ai vu. Ceux qui aiment théoriser les mécaniques des rêves et de l'imaginaire risquent de s'ennuyer ferme et feraient mieux de continuer à décortiquer chaque scène de "Inception" (un film que j'aime beaucoup, mais pour des raisons différentes) ou de débattre de l'incompréhensible troisième film de la saga "Matrix". Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, car "Sucker Punch" n'est pas un spectacle bourrin et décérébré comme l'était par exemple l'insupportable "Tranformers 2" d'un Micheal Bay qui n'a pas le 100ème du sens de l'esthétique de Zack Snyder.

Et soyons honnêtes, les filles en elles-même font partie intégrante du spectacle proposé. C'est clairement présenté comme ça depuis le début de la promotion alors on ne vas pas bouder notre plaisir. Mais Zack Snyder a également été très attentif à cet aspect et même si les filles passent la majeure partie de leur temps à se balader en bas, collants et autres porte-jarretelles, on ne tombe jamais dans les plans gratuits et graveleux qui n'ont pour but que d'exciter le spectateur mâle (contrairement à "Piranha 3D" ou l'adaptation du jeu-vidéo "Dead Or Alive" par exemple, même si ce sont de chouettes films). Encore une fois, c'est l'esthétique générale (entre-autre par le biais de très beaux costumes) qui prime avant tout !


En revanche, ceux qui verront leurs sens titillés, ce sont les fans de samouraïs, de grosses sulfateuses, de méchas, d'uchronies, d'ambiances crasseuses, de mangas, d'heroïc-fantasy, de films de Steven Seagal ("Piège A Grande Vitesse"), de science-fiction, de dragons, d'Alice Au Pays Des Merveilles, de mondes extra-terrestres, de steampunk, de cabarets, de vieux bombardiers, de robots, de profs de danse à l'accent slave, de mitraillages à gogo, de porte-jarretelles, d'asiles glauques, etc... qui prendront tous leur pied à un moment ou à un autre du métrage !


(si vous aimez ce trailer, vous aimerez le film)

Au final, "Sucker Punch" ne plaira pas à tout le monde (comme "300" et "Watchmen" d'ailleurs) et ça n'est pas plus mal ! Mais si vous voulez en prendre plein les yeux sans avoir l'impression qu'on vous prend pour des cons, vous devriez passer un excellent moment (comme moi) ! Et si vous trouvez vraiment qu'il s'agit d'un scénario facile, demandez-vous ce qu'une telle variété de situations aurait donné si elle avait été réalisée par quelqu'un de moins talentueux, avec des décors "cheap" et des effets spéciaux dépassés comme on en voit encore parfois...

Zack Snyder nous offre ici une carte de visite géante qui prouve (en avait-il besoin ?) qu'il peut s'attaquer à n'importe-quel univers sans jamais faire de compromis sur la qualité. De plus, il accompagne le tout d'une bande originale qui mélange des vieux classiques et des sonorités modernes tout en évitant soigneusement les tendances commerciales du moment. Les reprises de "Sweet Dreams", "White Rabbit", "Tomorrow Never Knows" et "Where Is My Mind" en particulier sont des petits bijoux !

En bref, "Sucker Punch" est un concentré de fantasmes de geeks et j'aime fantasmer comme ça au cinéma !!!

(I love you Sweet Pea !!!)

En ce qui me concerne, Zack Snyder continue son parcours sans faute et je suis impatient de voir ce qu'il fera avec Superman dans son futur "The Man Of Steel", même avec plein de décors artificiels et des filtres de couleur...

4 commentaires:

Saki a dit…

Bon ben... Pareil... ^^;


Sauf que moi Sweet Pea je l'ai en carte postale d'abord !!

Marv a dit…

Rah, faut que j'aille le voir, mais je suis le seul à vouloir... Rah !

Leel a dit…

Si aucune fille se fait violer, j'irai, sinon, cassos le film...

Draven a dit…

Habituellement, je suis farouchement opposé aux spoilers mais je vais faire une exception : tu peux y aller !

Si tu doutes encore, contacte SAki, elle te fera également l'éloge du film...