11 février 2011

Critique ciné : Tron L'Héritage

Si on m'avait dit il y a encore 3 ou 4 ans que je verrais du "Tron" partout dans les rues et sur les bus, dans les magasins de CD, dans les rayons jouets ou encore sur internet, je n'en aurais pas cru un mot !
"Tron" faisait partie de ces petits secrets de geek, ces films totalement cultes pour nous mais dont la plupart des gens n'ont jamais entendu parler...
Et là, 29 ans après un premier film (trop en avance sur son temps) qui avait été un échec cuisant pour Disney, voici débouler une suite qu'on n'attendait pas mais qui a immédiatement suscité un grand intérêt : "Tron - L'Héritage"


Pourquoi les fans de la première heure ont-ils immédiatement été séduits ? Car dès les premiers teasers, Disney a clairement communiqué sur la continuité avec le matériau d'origine (l'univers virtuel, les combinaisons lumineuses, les motos, etc...) avec une mise-à-jour (mais pas une trahison) tout à fait appréciable du design général.

Et le sentiment est le même à la vision du métrage complet : les références au film de 1982 sont nombreuses (des noms, des lieux, des situations) et même si elles ne trouvent pas toutes un intérêt dans le scénario, elles auront au moins l'avantage de faire plaisir au fan (sans qui "Tron" aurait disparu des mémoires depuis bien longtemps).

Pour autant, les nouveaux venus dans "la grille" ne seront pas perdus car on suit le déroulement des évènements du point de vue d'un nouveau personnage qui a lui-même tout à apprendre de cet environnement inédit.


Ce personnage, c'est Sam Flynn, le fils du légendaire concepteur Kevin Flynn. Je tiens d'ailleurs à signaler que j'ai particulièrement apprécié le fait que ce protagoniste principal ne soit pas un teenager écervelé (mais qui finit par trouver sa voie) comme on en voit tant dans les films destinés au public jeune et à fort potentiel de merchandising. Ici, le héros est un pré-trentenaire qui, même s'il a tout à apprendre et commet parfois des erreurs, a le bon goût d'être plutôt posé et de ne pas taper sur les nerfs des spectateurs de plus de 16 ans.

Mais malgré l'apparition de Sam Flynn, c'est bien Kevin Flynn (Jeff Bridges) qui reste au cœur des enjeux de ce nouveau film de la franchise "Tron" !


Ce programmeur et visionnaire de génie, accro à la perfection et post-hippie ne manquera pas de nous rappeler Steve Jobs (co-fondateur et président d'Apple) tandis que son côté promoteur du logiciel libre évoquera peut-être également Linus Torvalds (créateur du système Linux). Côté références, Microsoft n'est pas en reste puisqu'on reconnaîtra éventuellement le côté obscur du passé de cette compagnie dans la gestion de la société fictive Encom, qui était le point de départ des aventures de 1982.

Je craignais d'ailleurs que l'aspect "informatique pure" soit plus absent de ce nouveau film afin de ne pas trop effrayer le grand public, mais finalement ça peut aller, ça reste reste relativement présent sans toutefois atteindre le niveau de technicité (de complexité ?) de la trilogie Matrix.

N'oublions pas la jolie Quorra (Olivia Wylde), un nouveau personnage féminin qui réussit facilement à capter notre attention pour nous guider dans "la grille" car il est difficile de lui résister, à la fois à cause de son charme évident mais aussi pour ses capacités physiques impressionnantes.


Même si je suis persuadé que le potentiel de ce personnage est énorme et qu'il aurait mérité d'être beaucoup plus approfondi, Quorra apporte une dimension humaine (bien qu'elle n'en soit pas une) et de la profondeur à la thématique du film qui justifient sa présence, bien au delà d'une simple potiche créée pour appâter le chaland.

Pour finir ce tour d'horizon des personnages majeurs, il est impossible de ne pas aborder le maléfique Clu !


Déjà (brièvement) présent dans le film de 1982, je me demandais vraiment comment il allait être réintégré à cette nouvelle histoire. Finalement, la réponse arrive dès les premières minutes du film et c'est suffisamment simple pour être convaincant.

Mais ce qui marque immédiatement avec Clu, c'est forcément le fait qu'il s'agit d'un personnage au visage entièrement virtuel, puisqu'il s'agit d'une modélisation du visage de Kevin Flynn lorsqu'il était jeune. Si la texture du visage est extrêmement convaincante (voire même bluffante dans certains plans), l'animation du visage garde en revanche toujours un côté artificiel. En résumé : c'est voyant mais ce n'est pas choquant, et je suis sûr que cette technologie (déjà relativement impressionnante) continuera d'évoluer pour atteindre des résultats plus crédibles.

Techniquement d'ailleurs, le film ne propose rien d'aussi révolutionnaire que la trilogie Matrix à son époque, mais les scènes d'actions sont tout de même nombreuses et d'une grande richesse, tout en restant lisibles (une qualité de plus en plus rare).

Le design général du film est somptueux, et comme je le disais en début d'article il s'agit essentiellement d'une mise-à-jour du design original avec des textures plus modernes (mention spéciale pour les combinaisons en latex ou vinyle moulant) et des lumières omniprésentes du plus bel effet qui respectent bien le code de couleurs du film d'origine (un bleu devenu blanc/bleuté pour les gentils et un rouge devenu orangé pour les vilains). Je crois également avoir reconnu quelques références visuelles qui rappellent les films "2001 : L'Odyssée De L'Espace" (1968) et "Blade Runner" (1982), et ce sont des références que j'apprécie particulièrement.

Comme en 1982, les véhicules font partie des éléments visuels les plus marquants et ce sont encore une fois les splendides motos que l'on retiendra certainement le plus.


Les jeux sont donc toujours au cœur des activités de "la grille" et le plus populaire d'entre-eux reste évidemment le "Cycle Lumineux" qui avait tant marqué les esprits en 1982. Moi-même, j'ai toujours veillé à avoir un jeu vidéo similaire au "Cycle Lumineux" sur mon Mac depuis 10 ans, et j'en ai même une version simplifiée sur mon vieux téléphone Nokia... On a donc logiquement droit à une séquence très réussie de ce jeu qui a subi une évolution au même titre que le reste de l'univers.

Un mot d'ailleurs sur les jeux vidéos officiels inspirés de ce nouveau film (sur PS3, Wii, PSP et DS) : au mieux ils sont très moyens, au pire ils sont carrément minables. Quel gâchis !

Allez, on se rapproche de la fin de cette longue critique avec le point qui semble ne pas faire l'unanimité : le scénario ! Depuis que le film est sorti aux Etats-Unis (il y a près de 2 mois) j'entendais dire que le scénario était trop léger et cela m'effrayait beaucoup. Pourtant, même s'il est vrai que beaucoup d'aspects mériteraient d'être beaucoup plus approfondis, l'histoire est suffisante pour maintenir le spectateur en haleine jusqu'au bout. Elle est peut-être un poil légère, certes, mais elle n'est pas anecdotique et regorge tout de même de moments forts et de quelques petits rebondissements. Un seul point très précis m'a vraiment déplu (ou plutôt manqué pour être exact) mais il m'est impossible d'en parler sans spoiler donc je m'abstiendrai.



Pour finir, un mot tout de même sur la bande-originale composée et jouée par les Daft Punk. N'étant pas un grand fan de musique électronique en général (bien que Daft Punk soit l'un des très rares groupes que j'écoute parfois dans ce genre) et étant de toute façon complètement séduit par cette suite d'un de mes films cultes, je n'ai pas vraiment prêté attention à la campagne marketing qui a précédé la sortie du film. Mais je dois avouer que la musique est aussi l'un des grandes réussites de ce métrage et que la bande-originale composée par le célèbre duo français réussit le double exploit de s'inscrire dans la continuité des sonorités du film d'origine tout en étant facilement identifiable comme du Daft Punk pur jus (sans parler d'une référence certainement volontaire au thème de fin du film "Blade Runner" de 1982).
En même temps, j'ai toujours pensé que la musique de Daft Punk s'était régulièrement inspirée du "Tron" de 1982, c'est donc un juste retour des choses ! Et quand je sors de la salle en sifflotant le thème principal du film, c'est plutôt bon signe...

Qu'on se le dise, vu les moyens que s'est donné Disney pour réaliser et promouvoir ce film, la franchise "Tron" est en passe de devenir une licence majeure des années à venir. Perso, j'ai passé un moment magnifique et intense à visionner cette suite, mon petit cœur de fan a régulièrement été titillé et j'ai frissonné en suivant les nouvelles aventures des personnages. Donc si la franchise continue sur cette voie (de qualité), je dis oui !

D'autant qu'une série animée et un troisième film sont déjà en préparation... ce sera l'occasion d'approfondir tout ce qui n'est que survolé dans le film !

Allez en attendant, je retourne le voir dans quelques jours, mais en 3D cette fois ! Car dans ce (rare) cas, je pense que c'est justifié...

2 commentaires:

Simon a dit…

L'ayant vu en 3D, je peux t'assurer qu'elle ne sert malheureusement à rien.
Sinon, je suis plutôt d'accord avec ta critique, même si je trouve que ça manque de références informatique pure comme dans l'épisode original (le binary monster <3 )
Sinon, je me demande de quel "manque" tu parles, je ne vois pas trop.
Dernier point: la scène en vaisseau, complètement pompé sur Star Wars IV. Que ce soit le design des vaisseaux ou la scène de tir à la tourelle (Luke dans le Falcon Millenium), c'est un gros plagiat.
Un très bon moment néanmoins, même si les suites me font un peu peur...

Draven a dit…

Pour la 3D, je te crois (je ne suis pas encore retourné le voir) ! Je ne pense pas que ça révolutionne le film, j'ai juste trouvé que certains plans ou séquences devaient bien s'y prêter.

Je trouve aussi que ça manque un poil de références informatiques, mais c'est certainement l'élément qui avait causé l'échec (auprès du grand-public) du film de 1982 et on ne peut pas en vouloir à Disney d'avoir été prudent sur ce point. Maintenant que la licence est à nouveau sur les rails, je suis sûr que des références informatiques un peu plus hardcore vont revenir sur le devant de la scène dans les futures déclinaisons (série + film).

Il est vrai qu'en y repensant, la séquence du vaisseau présente quelques points communs avec la fuite du Faucon Millenium dans l'Episode IV de Star Wars, mais j'avoue que ça ne m'a pas choqué plus que ça en voyant la scène.

Sinon, concernant ce qui me manque dans ce nouveau "Tron", il s'agit tout simplement du personnage qui donne son nom aux films (sans rentrer dans les détails)...